SOCIÉTÉ

Setrag : Le Transgabonais renaît, 457 km déjà sécurisés

Les travaux de modernisation du Transgabonais se poursuivent à un rythme soutenu dans le cadre du Programme de Modernisation et de Sécurisation.

Longtemps fragilisé par le sous-investissement et l’usure du temps, le chemin de fer gabonais entre dans une nouvelle ère. Long de 648 kilomètres entre Owendo et Franceville, ce cordon vital assure près de 20% du Produit Intérieur Brut national, l’acheminement du manganèse, du bois et le transport de près de 300 000 passagers par an vers des localités totalement enclavées.

Le tournant a été acté à Paris le 20 juillet 2026. Proparco, la Société Financière Internationale et la Société d’Exploitation du Transgabonais ont signé un accord de financement historique de 312 millions d’euros, soit 204,6 milliards de francs CFA. Ce financement lance la phase III du Programme de Modernisation et de Sécurisation. Il comprend 147,5 milliards de francs CFA de fonds nouveaux et 55,7 milliards de francs CFA de refinancement des phases précédentes. L’opération est portée par les actionnaires de la SETRAG, Eramet Comilog à 51%, Meridiam à 40% et l’Etat gabonais à 9%.

Cet apport privé vient compléter l’investissement public massif autorisé par le Conseil des Ministres du 30 avril 2026 sous l’autorité du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. L’Etat a mobilisé 133 milliards de francs CFA, avec un prêt de 113,4 milliards de l’Agence Française de Développement et une subvention de 19,6 milliards de l’Union Européenne. Pour l’AFD, le projet s’étale de novembre 2025 à novembre 2031.

Sur le terrain, les résultats sont déjà visibles. Selon la direction générale de la SETRAG, 457 kilomètres de voie ont déjà été équipés de traverses en béton et 186 kilomètres dotés de rails lourds de 60 kilos. Pour la seule année 2025, plus de 84 kilomètres ont été entièrement renouvelés, notamment sur les sections Milolé-Lastourville et Lifouta dans l’Ogooué-Lolo.

Les perturbations constatées par les voyageurs depuis novembre 2025, retards et ralentissements, sont la conséquence directe de ce vaste chantier. L’entreprise assume ce désagrément temporaire. Son Directeur Général Christian Magni le rappelle, ces interventions ne visent pas à compliquer la vie des usagers, mais à prévenir les incidents et à rendre la ligne plus fiable.

L’objectif final demeure clair, renforcer la sécurité dans les zones instables, améliorer la ponctualité, réduire le temps de parcours et offrir un meilleur confort. Au-delà du fret minier, le Transgabonais doit redevenir un outil de désenclavement et de diversification au service des populations et de la souveraineté logistique du Gabon.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page