SOCIÉTÉ

Mbombè-a-Ngnangué, Bwete, Iboga : les Mitsogho disent non à la spoliation

Un cri de ras-le-bol est monté d’Essassa ce dimanche 11 octobre 2026. Au domicile de Jean-Pierre MONDJO dit ETAMBE, à l’invitation du Général à la retraite Victor MONANGA A MATEBA, la communauté a décidé de briser un silence jugé trop long.

Longtemps maintenue en marge de la vie de la Nation, tenue à l’écart des cercles de décision politique, économique, sociale et culturelle, la communauté estime venu le moment de reprendre son destin en main. Au sein d’un collectif regroupant des filles et fils Tsogho (Mitsogho) venus de toutes les régions du Gabon, les participants ont affiché une détermination commune : refuser désormais toute conduite dictée de l’extérieur et rejeter toute réécriture de leur histoire par des individus en quête de notoriété.

Le point de rupture porte le nom de Mbombè-a-Ngnangué. La figure du guerrier légendaire, fierté Tsogho, fait l’objet d’une polémique jugée infondée par le collectif. Vouloir apparenter ce héros à la communauté Massango relève, selon les notables, d’une entreprise de dépossession. Une falsification rejetée avec la plus grande fermeté.

Le présidium © La Une Média Gabon

Mais le dossier Mbombè-a-Ngnangué ne représente que la partie visible d’un malaise plus profond. La rencontre a permis d’ouvrir trois autres fronts tout aussi symboliques. D’abord, la paternité du Bwete, rite sacré dont la communauté revendique l’origine et dont elle s’estime aujourd’hui dépossédée. Ensuite, le dossier brûlant de l’Iboga, plante sacrée au cœur de la spiritualité, aujourd’hui sur la table du Gouvernement de la Ve République et dont elle entend défendre la légitimité historique.

Enfin, la question des reliques. Masques, tableaux et autres objets culturels Tsogho retenus en France, les participants en exigent la restitution pure et simple au Gabon. À cela s’ajoutent deux revendications d’ordre institutionnel et mémoriel : la reconnaissance officielle d’une chefferie traditionnelle dans chaque localité où la communauté demeure implantée, et l’érection d’une stèle à la mémoire du guerrier Mbombè-a-Ngnangué à Mouila, sa terre.

Les participants à la réunion du peuple Tsogo © La Une Média Gabon

Certes, quelques individualités parviennent à émerger à certains échelons, mais ce bilan demeure dérisoire au regard du poids et de l’apport historique de ce peuple. D’Ikobey à Sindara, de Mouila à Ékembélé, Étava, Nombo, Épamboua, Guévédé, à Yeno, en passant par Mimongo, Mokabo, Etéké ou encore Moumba, le message reste identique. Ils réclament le regard bienveillant de la première autorité du pays et un accès équitable aux postes à responsabilités, à l’instar des autres communautés.

À Essassa, une page se tourne. Les Tsogho ont décidé d’écrire eux-mêmes leur propre histoire, afin que plus jamais d’autres ne l’écrivent à leur place. D’autres retrouvailles sont d’ores et déjà annoncées pour bâtir un programme d’action et concrétiser l’ensemble de ces orientations stratégiques.

D’autres membres de la communauté présents à la rencontre © La Une Média Gabon

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