POLITIQUE

SÉISME AU CCL : Daniel Mengara fustige une « infiltration » et radie définitivement Alice Vincent

Le divorce est désormais consommé, et il est brutal. Entre Daniel Mengara, leader du Congrès des Citoyens Libres (CCL), et son ancienne collaboratrice Alice Vincent, épouse Adibet, l’heure n’est plus aux simples désaccords politiques, mais aux accusations dignes d’un roman d’espionnage. Entre soupçons d’empoisonnement et trahison idéologique, La Une Média revient sur les coulisses d’une séparation qui secoue la diaspora.

C’est un communiqué au vitriol, tombé aux premières heures du dimanche 4 mai 2026 depuis Atlanta, qui a mis le feu aux poudres. Le Congrès des Citoyens Libres (CCL) héritier du mouvement radical « Bongo Doit Partir » (BDP) a officiellement prononcé la radiation et l’exclusion définitive de Madame Alice Vincent, épouse Adibet. Si le texte administratif invoque des questions de statuts et de cotisations, les déclarations du leader Daniel Mengara, elles, ouvrent une fenêtre sur une atmosphère de paranoïa et de danger imminent.

Pour Daniel Mengara, l’éviction d’Alice Vincent n’est pas une simple réorganisation de bureau. C’est une question de survie. Utilisant une métaphore glaçante, l’opposant historique compare sa proximité avec l’intéressée à une opération d’infiltration du KGB.

« C’était comme une histoire d’espionnes russes que le KGB infiltrait auprès de leurs cibles… avec comme mission de les occire par le poison le moment venu », a-t-il confié, se reprochant une naïveté de « bleu ».

Plus grave encore, Mengara évoque des craintes pour son intégrité physique, mentionnant un « poison lent » pouvant déjà être à l’œuvre, sous l’œil attentif de ceux qu’il qualifie de « vipères ». Selon lui, seul son « septième sens » lui a permis d’échapper au pire. Des propos d’une rare violence symbolique traduisant la profondeur de la cassure.

Au-delà de la rhétorique sécuritaire, le grief politique est tout aussi lourd. Le communiqué officiel, signé par le porte-parole Henri Omva, rappelle que le ver était dans le fruit depuis l’été 2025.

Le CCL reproche à Alice Vincent d’avoir bravé la ligne idéologique du mouvement en se présentant comme candidate indépendante aux législatives de septembre 2025 pour le siège de la diaspora. Un scrutin où elle n’avait recueilli que 2,26 % des suffrages (61 voix), mais lequel avait scellé son départ effectif. Il s’insurge aujourd’hui contre le fait qu’elle continue d’utiliser l’étiquette « CCL » sur ses réseaux sociaux, créant un « amalgame » jugé inacceptable par l’état-major du parti.

En réalité, le point de non-retour semble avoir été atteint lors de l’inauguration du nouveau Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba. La présence remarquée d’Alice Vincent à cette cérémonie, sur invitation du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, a été perçue comme l’acte final d’une trahison.

Pour les partisans de la ligne dure de Daniel Mengara, ce rapprochement avec le pouvoir est une ligne rouge franchie. En s’affichant aux côtés des autorités actuelles, l’ancienne alliée est passée du statut de dissidente à celui de « cible infiltrée ».

Le verdict est sans appel : radiation immédiate en vertu des articles 11, 12 et 13 des statuts du mouvement. Le CCL exige désormais qu’elle retire toute mention du mouvement de ses plateformes de communication.

Si le leader conclut en lui souhaitant « le meilleur dans sa nouvelle aventure », le ton général de cette séparation laisse présager que les ponts sont non seulement coupés, mais calcinés. Entre Atlanta et Libreville, la politique gabonaise de la diaspora vient de perdre l’un de ses duos, sur fond de soupçons de trahison qui, à n’en point douter, alimenteront encore longtemps les débats dans les foyers et sur la toile.

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