UBA : Comment l’empire d’Elumelu a survécu au séisme nigérian grâce à l’Afrique francophone
L’année 2025 a failli marquer un tournant tragique pour United Bank for Africa (UBA). Le géant bancaire piloté par Tony Elumelu a frôlé un naufrage financier majeur, principalement en raison de la défaillance de ses activités sur le sol nigérian.
Selon les révélations de La Tribune Afrique publiées début mai 2026, la maison-mère a vu ses bénéfices avant impôts fondre comme neige au soleil. Le résultat s’est littéralement écroulé de près de 90 %, dégringolant de 487 milliards de nairas à seulement 50 milliards de nairas, soit une chute vertigineuse de 307 millions à 31 millions d’euros. Ce séisme comptable s’explique par la fin des mesures de clémence de la Banque centrale du Nigeria, obligeant l’institution à inscrire 208 millions d’euros en provisions pour créances douteuses. À cela se sont ajoutés l’épuisement des profits mécaniques liés à la dévaluation de la monnaie nationale et le poids d’une lourde opération de recapitalisation.
Pourtant, malgré ce marasme à Lagos, le groupe affiche un profit consolidé de 426 millions d’euros. Ce sauvetage in extremis provient des filiales africaines dont les bénéfices ont bondi de 53 %. Les performances réalisées dans la zone franc CFA, notamment au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou au Sénégal, ont servi de véritable poumon financier. Pour la première fois dans l’histoire de la banque, les actifs détenus hors du Nigeria sont devenus majoritaires, représentant désormais 51 % du bilan total.
Cette situation met en lumière un paradoxe économique : alors que le franc CFA est au cœur de vifs débats politiques, sa parité fixe avec l’euro offre une stabilité monétaire qui s’avère être un atout stratégique pour les groupes panafricains face à l’instabilité du naira. La stratégie de diversification géographique prônée par Tony Elumelu est aujourd’hui saluée par les analystes comme l’unique rempart efficace contre les crises locales.
Fort de cette résilience, le banquier nigérian renforce son influence sur la scène internationale. Désigné par Emmanuel Macron pour diriger l’Africa France Impact Coalition en mars dernier, il s’impose désormais comme l’interlocuteur privilégié entre Paris et les économies du continent. Son leadership sera d’ailleurs scruté de près lors du sommet Africa Forward de Nairobi à la mi-mai 2026, où il devrait jouer un rôle central dans l’évolution des partenariats économiques franco-africains.




