SOCIÉTÉ

Logement au Gabon : Le géant Addoha réussira-t-il là où la SNI a lamentablement échoué ?

L’immobilier gabonais s’apprête-t-il à vivre une révolution durable ou un énième mirage ? Avec le lancement officiel, le mercredi 6 mai 2026, du programme « Bellambra Résidence » à Akanda, le groupe marocain Addoha ne se contente pas de poser une première pierre ; il se place sous le feu des projecteurs dans un secteur où les échecs passés de la Société Nationale Immobilière (SNI) ont laissé des traces indélébiles dans l'esprit des citoyens.

Le projet Bellambra, prévoyant l’ajout de 500 appartements aux 894 déjà en chantier, marque une accélération notable du Programme accéléré d’accession à la propriété. En présence de figures de proue du gouvernement, comme le vice-président Hermann Immongault et le ministre du Logement Mays Mouissi, l’État a affiché une confiance totale envers son partenaire marocain. Le ministre a d’ailleurs rappelé l’objectif fondamental : démocratiser l’accès au logement sans pour autant sacrifier les standards de qualité.

Cependant, la question demeure : pourquoi Addoha réussirait-il là où la SNI a longtemps piétiné ? La réponse réside peut-être dans l’expertise industrielle du géant marocain, déjà rodé aux grands ensembles en Côte d’Ivoire et au Maroc. Contrairement aux approches artisanales ou fragmentées du passé, Addoha apporte une capacité de production de masse et une maîtrise des coûts qui ont souvent fait défaut aux initiatives locales.

L’un des plus grands écueils de la SNI fut l’inéquation entre le coût final des logements et les capacités réelles des ménages gabonais. Pour éviter ce piège, les autorités et Addoha misent cette fois sur l’ingénierie financière. Des négociations avec le secteur bancaire visent à instaurer des crédits sur 15 ans, transformant le poids du loyer en un investissement patrimonial. Comme l’a souligné Mays Mouissi, l’effort financier pour un ménage doit être lissé dans le temps pour rendre le concept de « logement social » véritablement concret.

Le groupe Addoha, par la voix de son directeur général Afrique, Anas Berrada Sounni, affirme que construire est un acte de dignité. L’engagement est ferme : les premières clés de Bellambra devraient être remises d’ici la fin de l’année 2026. Cette rapidité d’exécution, si elle est tenue, marquerait une rupture nette avec les chantiers interminables qui ont jadis terni l’image de la promotion immobilière publique au Gabon.

Au-delà du simple bâti, le partenariat prévoit une viabilisation complète des sites (eau, électricité, voirie) pour éviter la création de cités-dortoirs isolées. Avec un second projet déjà annoncé, la « Résidence de l’Amitié », Addoha semble vouloir saturer le marché par une offre diversifiée allant du logement économique au standing.

Si la SNI a souvent été freinée par des lourdeurs administratives et des contraintes de financement public, Addoha bénéficie d’une agilité de groupe privé et d’un soutien politique fort pour lever les verrous bureaucratiques. Le succès de cette collaboration est désormais le baromètre de la politique de logement de la 5ème République. Si les 5 000 logements promis sortent de terre dans les délais, il aura réussi le pari de la crédibilité, là où l’opérateur historique avait fini par perdre la sienne. Le rendez-vous est pris pour fin 2026.

Toutefois, parviendra-t-il à maintenir ce rythme industriel face aux réalités logistiques du terrain gabonais sur le long terme ?

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