SOCIÉTÉ

MOANDA : Les ordures sont toujours là alors que Comilog a déjà tout payé, la vérité enfin révélée

Le débat sur la propreté de la ville de Moanda mérite de la clarté. Entre attentes légitimes des populations et réalités opérationnelles, les faits doivent être rétablis.

La collecte des ordures ménagères et l’entretien des espaces publics relèvent de la compétence exclusive de la mairie. C’est une mission de service public municipal. Comilog, entreprise minière privée, n’a pas vocation à se substituer à l’autorité municipale dans cette mission. Depuis plusieurs années, l’entreprise a cependant choisi d’accompagner la ville pour améliorer le cadre de vie.

Cet accompagnement a pris forme dès 2022. A la demande expresse de la municipalité, Comilog a accepté de mobiliser son Fonds RSE pour financer la collecte des déchets. En 2023, après consultation de trois prestataires, la société ECO-F a été retenue, avec l’aval des services municipaux, pour assurer le ramassage, le curage des caniveaux, le balayage et le désherbage. Le financement était assuré par Comilog. L’exécution et la validation des prestations se faisaient en lien direct avec la mairie. L’entreprise finançait donc un service ne relevant pas de son cœur de métier.

En 2025, un constat partagé s’est imposé : les résultats obtenus restaient en deçà des attentes. Dans le même temps, une aspiration forte émanait des quartiers : participer à l’effort de salubrité et bénéficier d’opportunités d’emploi local. C’est sur cette double exigence que Comilog et la mairie ont convenu de bâtir un nouveau modèle.

Le principe retenu change de paradigme. Au lieu de confier l’ensemble de la ville à un opérateur unique, Moanda a été découpée en cinq zones. Chaque zone doit être confiée à deux Groupements d’Intérêt Économique, des GIE permettant à plusieurs petites entreprises locales de s’associer. Des réunions publiques ont été tenues pour informer les opérateurs. Un cabinet spécialisé a été mandaté pour les aider à se structurer.

A l’issue d’un appel d’offres lancé fin 2025, 10 GIE ont été retenus sur 19 candidatures. Le dispositif annoncé est ambitieux : environ 180 emplois directs pour les habitants de Moanda, 100 tricycles pour la pré-collecte, 30 bennes de 18 m3 à déployer dans les quartiers, sans oublier les équipements de protection et la logistique d’acheminement vers la décharge publique. Leur mission reste identique : collecte, curage, balayage et désherbage.

A ce stade, le processus est finalisé sur le plan contractuel, mais bloqué sur le terrain. Les 10 GIE ont été sélectionnés dès fin 2025. Le nouveau schéma a été présenté aux autorités municipales nouvellement installées. Des discussions se sont ouvertes en janvier 2026 et se sont prolongées jusqu’en septembre, avec arbitrage du ministère de l’Intérieur. Le dispositif a été officiellement lancé le 17 septembre 2026.

Malgré ce lancement officiel, les entreprises sélectionnées n’ont toujours pas reçu l’autorisation d’intervenir dans les quartiers. C’est le point de blocage actuel. Le matériel est prévu, les entreprises sont prêtes, le financement est disponible, mais le déploiement opérationnel reste suspendu à une autorisation relevant des autorités compétentes. Comilog ne peut décider seule d’une intervention sur l’espace public.

Les critiques des populations face aux amas d’ordures sont compréhensibles. La situation actuelle ne satisfait personne. Affirmer en revanche que Comilog serait inactive ou responsable de cette insalubrité ne correspond pas à la réalité des faits. Depuis 2022, l’entreprise a répondu aux sollicitations, financé, proposé une refonte et mobilisé des moyens conséquents pour faire émerger des entreprises locales.

L’enjeu aujourd’hui est simple. Obtenir le feu vert opérationnel pour que les 10 GIE puissent démarrer. Une fois cette étape franchie, le recrutement pourra être effectif, les équipements déployés et les prestations assurées zone par zone. Comilog indique rester aux côtés de la mairie pour accompagner ce déploiement et en assurer le suivi.

Le dispositif existe. Les entreprises sont désignées. Les moyens sont budgétisés. Il reste à permettre son exécution sur le terrain.

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