SOCIÉTÉ

PRODUCTION ÉLECTRIQUE : Le pari des 255 MW sera-t-il tenu en Novembre ?

C’est le chiffre cristallisant tous les espoirs. Deux cent cinquante-cinq mégawatts. La capacité cumulée des neuf turbines bicombustibles livrées au Gabon pour tenter de mettre fin à la précarité électrique. L’annonce a été officialisée lors du Conseil des ministres du 8 octobre 2026, présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, mais la question brûlant les lèvres reste entière : ces mégawatts tant attendus seront-ils vraiment dans les prises des Gabonais dès novembre ?

Sur le papier, le plan est solide. Sept turbines fournies par le turc AKSA Enerji doivent réhabiliter en profondeur les centrales de la SEEG à Akournam et à Port-Gentil, deux sites vitaux pour l’alimentation du pays. Deux autres unités, livrées par Solar Energy Sustainable Services, viennent renforcer Port-Gentil et la centrale de Lambaréné. De quoi donner de l’air à un réseau à bout de souffle.

Seulement, le calendrier a déjà dérapé. En raison des perturbations majeures dans le détroit d’Ormuz, l’acheminement des équipements a pris trois mois de retard. Il a fallu attendre entre le 1er et le 9 septembre pour voir les turbines d’Akournam et de Port-Gentil enfin posées sur leurs socles. Le Gouvernement assure désormais une mise en service pour la mi-novembre.

D’ici là, le système tient sous perfusion. À Port-Gentil, c’est la Société de Patrimoine assurant la continuité, tandis que dans le Grand Libreville, la SEEG et les producteurs indépendants se relaient pour éviter le pire. Autant dire que la marge est mince.

En parallèle, un autre pari se joue à quelques kilomètres de la capitale. Kinguélé Aval, 35 mégawatts d’hydroélectricité, affiche 95% de gros œuvre achevé. Trois turbines doivent être raccordées au réseau entre octobre et décembre. Une fois opérationnel, ce barrage fournira à lui seul plus de la moitié de l’énergie du Grand Libreville. Mais là encore, deux autorisations administratives restent en suspens.

Pour Olivier Mouckocko, le nouveau ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie nommé le 11 octobre, l’équation est claire. Livrer les machines ne suffit pas. Il va falloir les brancher, les faire tourner, les maintenir, et surtout transformer ces 255 MW annoncés en une réalité palpable : une lumière ne clignotant plus, un frigo ne se coupant plus, une usine tournant à plein régime. Le compte à rebours de novembre a commencé.

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