POLITIQUE

366 MILLIARDS BLOQUÉS : Ali Bongo traîne BGFIBank devant la COSUMAF !

Il existe des silences coûteux. Depuis le 30 août 2023, Ali Bongo Ondimba affirme ne plus accéder à ses comptes logés à BGFIBank Gabon. Trois ans de gestionnaire aux abonnés absents, de courriers sans réponse, d’exil partagé entre Paris et Londres. L’ancien président parle d’un blocage imposé dès les heures suivant le coup d’État.

Le 12 octobre 2026, sa défense saisit la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale. Objectif : obtenir des explications formelles sur le gel et en exiger la levée. Une démarche présentée comme un signal d’alerte sur la réputation du premier groupe bancaire d’Afrique centrale.

BGFIBank invoque une ordonnance de mise sous séquestre prise le 16 octobre 2023 par le cabinet d’instruction spécialisé numéro un de Libreville, plus une autre du 11 novembre 2025 pour Sylvia Bongo Ondimba. Montant évoqué dans la presse : plus de 366 milliards de FCFA.

La défense conteste. Entre la date du blocage effectif et celle de l’ordonnance, elle relève 47 jours sans base notifiée. Elle affirme n’avoir jamais reçu signification de ces décisions, ni relevés complets depuis août 2023.

Autre point sensible : Ali Bongo soupçonne des mouvements opérés sur ses comptes durant sa résidence surveillée, sans autorisation de sa part. Il demande reconstitution des soldes, traçabilité et identification des donneurs d’ordres. Des allégations non confirmées à ce stade par un rapport indépendant.

Avant la COSUMAF, des démarches ont eu lieu devant les juridictions gabonaises et la COBAC. Une extension vers l’ACPR en France reste envisagée, BGFIBank y étant présente. Une stratégie d’internationalisation assumée.

Cette saisine ne débloque rien automatiquement. La COSUMAF peut interpeller, demander des éclaircissements, rappeler les règles de bonne conduite, mais ne remplace pas le juge du séquestre. L’issue dépendra de la production de l’ordonnance, des relevés et du journal exact des opérations depuis août 2023.

Au-delà du cas personnel, l’affaire pose un enjeu de réputation pour une place financière en quête de confiance et un test de droit pour un Gabon en quête de rupture.

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