SOCIÉTÉ

USTM à l’arrêt : 700 millions débloqués par le Président, mais toujours pas de cours à Masuku

Grève maintenue, année 2025-2026 menacée d’effondrement et campus dans le brouillard.

Franceville. La cloche de la rentrée n’a toujours pas sonné à l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM). L’année académique aurait dû toucher à sa fin, les amphithéâtres restent pourtant vides. Le Syndicat National des Enseignants-Chercheurs (SNEC) vient de confirmer le maintien de son mouvement de grève.

La décision a été prise récemment en assemblée générale et confirmée à la presse locale, vendredi 16 octobre 2026. Pour le syndicat, les conditions d’une reprise normale des cours ne sont tout simplement pas réunies.

Au centre de toutes les tensions : l’épineux dossier des vacations.

Pour tenter d’éteindre l’incendie, une enveloppe exceptionnelle de 700 millions de FCFA avait été débloquée sur instruction du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, après un audit des dettes de l’université. Une bouffée d’oxygène insuffisante.

Selon le Dr Ferdinand Evoung Evoung, président du SNEC-USTM, des arriérés importants subsistent. Une situation critique : les vacataires représentent 45% du corps enseignant de l’USTM. Sans eux, l’université ne peut pas fonctionner. À ce blocage s’ajoute un autre drame social : de jeunes enseignants cumulent près de trois années sans salaire.

Le malaise est plus profond. Au-delà des salaires, l’état même du campus est pointé du doigt. Malgré les travaux de réhabilitation annoncés, le syndicat liste des urgences non réglées : des laboratoires non équipés, un manque criant de tables-bancs dans plusieurs salles, et une salle polyvalente toujours hors service. Des prérequis jugés non négociables pour accueillir dignement les étudiants.

Les premières victimes de cette paralysie : les étudiants. Le calendrier académique en cours accuse désormais un retard menaçant de faire s’effondrer toute l’année. Les étudiants en fin de cycle, avec validation dépendante de stages obligatoires, voient leur avenir bloqué. Pour ceux venus des autres provinces du Gabon, chaque semaine supplémentaire à Franceville se traduit par des frais de logement et de nourriture en hausse.

Face à la crise, le dialogue patine. Une rencontre a bien eu lieu lundi avec le recteur, mais sans débouché concret. Aucun compte rendu officiel, aucune date de reprise. Le rectorat multiplie les réunions, mais laisse toute la communauté universitaire dans le brouillard, selon le syndicat.

Le SNEC-USTM se dit toujours ouvert au dialogue, mais réclame désormais des actes et non plus des promesses.

Le contraste est saisissant à Masuku. En septembre dernier, l’université inaugurait en grande pompe un Laboratoire National de Radioanalyse ultra-moderne, symbole de son ambition scientifique. Un mois plus tard, elle se montre incapable d’assurer les cours de base faute de paiement des enseignants.

À l’USTM, la question n’est plus de savoir si l’année académique sera perturbée mais plutôt sur sa capacité à s’achever.

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