Franceville / Le drame de La Caisse : coup de folie, imprudence coupable ou vertige de l’alcool ?
La sentence est tombée devant le tribunal de première instance de la capitale provinciale du Haut-Ogooué : douze mois de prison ferme et une amende de 100 000 francs CFA infligés au brigadier Thaty Ellala Thizy pour l’accident mortel ayant coûté la vie au caporal Junior Mbah. Si la justice a fini par trancher sous la qualification d’homicide involontaire, l’affaire laisse un goût d’inachevé et d’incompréhension au sein de l’opinion locale.
Comment deux hommes en uniforme, partageant un moment de convivialité au quartier La Caisse dans la nuit du 31 août écoulé, ont-ils pu basculer de la fraternité à la tragédie ? Quelles motivations ou quelles altérations du jugement ont poussé un agent de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) à reprendre le volant sous l’emprise manifeste de l’alcool, sachant pertinemment les risques encourus ? Plus troublant encore, quelle impulsion a bien pu conduire ce fonctionnaire de police à poursuivre sa route après un choc d’une violence inouïe sans accorder la moindre assistance à son compagnon d’un soir ?
À la barre, le prévenu de 38 ans a plaidé la fatalité et la soudaineté de l’impact, affirmant n’avoir perçu qu’un grand bruit avant de se présenter de lui-même au commissariat. Mais l’explication peine à dissiper le mystère entourant ce comportement : s’agissait-il d’un mouvement de panique irréfléchi, d’un réflexe d’évitement face à la gravité de la faute, ou d’une inconscience totale induite par l’état d’ébriété ? En réclamant une peine initiale de trois ans de prison ainsi que le retrait du permis de conduire, le ministère public avait explicitement mis en lumière cette ambiguïté et rappelé qu’aucun statut corporatif ne saurait absoudre le manquement aux devoirs d’assistance et de prudence. Le verdict désormais rendu laisse la communauté locale face aux zones d’ombre d’un geste tragique.




