SOCIÉTÉ

Logements de Bikélé-Nzong : Le chantier démarre, mais la peur du copinage s’installe

Le démarrage concret du chantier des 3100 logements à Bikélé-Nzong marque un tournant attendu, visible à travers les premiers soubassements qui sortent de terre sous la direction de neuf entreprises locales. Pourtant, derrière les briques et le ballet des engins, une inquiétude beaucoup plus profonde s’empare des Gabonais.

Au-delà des questions financières, c’est celle de la transparence et de la justice sociale, aujourd’hui sur toutes les lèvres : à qui profiteront réellement ces habitations ? Beaucoup redoutent en effet que ce vaste projet ne profite aux « coquins-copains » et aux réseaux d’influence, au détriment des familles de la classe moyenne et des ménages modestes qui en ont le plus cruellement besoin.

Pour tenter de concrétiser cette promesse de mixité sociale et rassurer l’opinion, le gouvernement s’attaque de front au mécanisme de financement. Lors de sa visite sur le site le 4 juin 2026, le ministre du Logement, Mays Mouissi, a indiqué que des négociations étaient en cours avec le secteur bancaire. L’objectif affiché est d’obtenir des crédits acquéreurs personnalisés pour aider les citoyens à réserver puis à acheter ces biens, peu importe leur apport initial. L’intention politique est de lisser les barrières financières pour que chaque gamme de logement trouve preneur de manière équitable.

Malgré ces annonces rassurantes sur l’accompagnement bancaire, le doute persiste et le flou entoure encore les modalités pratiques. Les futurs acquéreurs attendent toujours de savoir à combien s’élèveront exactement les cautions de réservation et les prix de vente définitifs. Faute de critères d’attribution limpides et de coûts gravés dans le marbre, la crainte de voir ce projet d’envergure confisqué par une élite privilégiée reste entière pour la population.

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