SOCIÉTÉ

Wire Group : 7 500 FCFA de prime et des années d’ancienneté bafouées, 50 salariés sacrifiés sur l’autel d’un faux dialogue social

Derrière les façades des compagnies pétrolières, la réalité est parfois bien sombre. C’est le cas au sein de la société Wire Group, spécialisée dans la maintenance des puits de pétrole (scrapping, logging et opérations spéciales). Alors que la direction affiche un discours axé sur l’équité pour plaire aux autorités et à ses donneurs d’ordres, ses employés dénoncent un mépris social caractérisé et des conditions de travail indignes.

L’un des symboles les plus marquants de ce malaise est la prime de chantier, plafonnée à seulement 7 500 FCFA, un montant dérisoire et unique dans tout le secteur pétrolier. Sur le plan humain, la situation n’est pas meilleure : l’entreprise brille par une absence totale d’assistance sociale. Lorsqu’un agent perd un parent proche, l’employeur se contente de lui accorder une simple avance sur salaire, immédiatement retenue à la fin du mois.

Au-delà de ces difficultés quotidiennes, un point suscite une vive indignation au sein des équipes : le refus de décorer le personnel et le boycott de la Fête du Travail. Depuis près de trois ans, la direction prive ses salariés de ces moments de reconnaissance professionnelle. Pour se justifier, Wire Group prétexte un préavis de grève et une procédure de non-conciliation en cours auprès de la Commission du dialogue social pour les hydrocarbures.

Un argument peu convaincant. Plusieurs autres entreprises du secteur, confrontées à des litiges similaires, continuent d’honorer leurs engagements, de célébrer la Fête du Travail et d’attribuer les médailles à leurs agents. Face à cette posture, une question brûle toutes les lèvres, cette boîte se croit-elle au-dessus des lois ?

Face à cet immobilisme, un collectif d’une cinquantaine d’agents dont certains accumulent entre 10 et 15 ans d’ancienneté, a décidé de briser le silence. Malgré les interventions répétées des délégués du personnel, du syndicat SEERPAC et les saisies de l’Inspection du Travail, la direction générale reste de marbre. De plus, les employés expriment de sérieux doutes quant à l’efficacité des négociations, redoutant un manque de transparence sur la gestion des passifs et de leurs 30 revendications initiales.

Refusant de patienter une année de plus, les salariés interpellent directement le ministre du Travail, mais aussi le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Rappelant que le sommet de l’État prône la restauration de la dignité, la stabilité et un climat social apaisé, ils demandent une intervention urgente pour ramener l’entreprise à l’ordre et faire respecter les droits des travailleurs.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page