Infrastructures de la SEEG pillées : Une vaste filière de vol et de recel débusquée par la DGR
La Direction générale des recherches (DGR) poursuit son offensive méthodique contre le pillage des infrastructures de l’État.
En menant une nouvelle opération coup de poing le week-end dernier dans le quartier Cosmopark, au cœur du 3ᵉ arrondissement de Libreville, les forces de l’ordre ont démantelé ce qui s’apparente à un réseau particulièrement bien structuré de vol et de recel de matériel appartenant à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Ce coup de filet intervient dans le sillage direct d’une première vague d’arrestations marquantes survenue le 30 juin 2026.
Ce dossier révèle une entreprise criminelle d’une envergure insoupçonnée, caractérisée par sa longévité et la gravité de ses cibles. Les investigations menées sous haute instruction révèlent que ce trafic ne date pas d’hier : le principal receleur présumé, désormais sous les verrous, aurait orchestré ce commerce illicite depuis plus d’une décennie. Dix ans d’impunité durant lesquels le réseau a méthodiquement dépouillé le service public.
L’étendue des dégâts se mesure également à l’importance stratégique des équipements volés. Les malfaiteurs ne se limitaient pas à dérober de simples compteurs d’eau et d’électricité chez les particuliers. Ils s’attaquaient directement aux installations du Projet intégré d’alimentation en eau potable de Libreville (PIAEPAL). Ce programme d’envergure nationale, crucial pour l’accès à l’eau potable des populations de la capitale, a ainsi été directement saboté par les activités de ce réseau, menaçant des investissements étatiques majeurs.
La logistique de cette fraude possède par ailleurs des ramifications internes et internationales. Pour justifier la présence de pièces estampillées SEEG dans sa boutique, le cerveau présumé de l’affaire s’est défendu en pointant du doigt une complicité interne, affirmant avoir acheté ce stock à un agent de la SEEG aujourd’hui introuvable. Pour noyer le poisson et masquer l’origine de son inventaire, le commerçant affirme voyager régulièrement à l’étranger, notamment en Turquie et à Dubaï, pour s’approvisionner, esquissant ainsi le portrait d’un business aux flux financiers complexes.
Face aux enquêteurs, la défense du principal suspect commence pourtant à se fissurer. Alors qu’il se pose en simple commerçant de bonne foi victime d’un fournisseur véreux, ses déclarations sont frontalement contredites par celles d’un second complice interpellé. Ce dernier est passé aux aveux, reconnaissant avoir personnellement dérobé les équipements pour les revendre directement au receleur de Cosmopark. Bien qu’il tente de minimiser sa responsabilité en invoquant des soucis de santé, des difficultés financières et une prétendue ignorance de la loi, son témoignage confirme l’existence d’une filière d’approvisionnement locale et directe.
En intensifiant la traque des derniers membres en fuite de cette organisation, la DGR et les plus hautes autorités entendent envoyer un signal de fermeté absolue. L’objectif va bien au-delà de la simple résolution d’un fait divers : il s’agit de protéger les investissements de l’État, de sécuriser des infrastructures vitales et de garantir que les services de base ne soient plus pris en otage par des réseaux de pillage organisés.




