SOCIÉTÉ

FPN : Huit recrues radiées pour grossesse en formation, qu’en est-il des enceinteurs ?

Le Commandement en chef des Forces de police nationale (FPN) a récemment officialisé la radiation de huit policières, une sanction validée par le Général de Corps d’Armée Serge Hervé Ngoma. Cette mesure, actée par la décision numéro 06025 suite à un conseil de discipline tenu le 29 avril 2026, découle de l’application stricte de l’article 17 d’un décret de 2019 et du Code de discipline militaire.

Ces textes interdisent formellement aux agentes de tomber enceintes durant leur formation ainsi que pendant leurs deux premières années de carrière, une règle censée garantir leur disponibilité opérationnelle. Les huit fonctionnaires, dont les noms ont été rendus publics, ont ainsi été exclues des effectifs pour ne pas avoir respecté cette clause.

Au-delà de la stricte application des textes, cette affaire met en lumière une politique flagrante du « deux poids, deux mesures » qui frise l’absurdité. La sanction frappe exclusivement les femmes, laissant totalement hors de cause les « enceinteurs » qui partagent pourtant la responsabilité de ces grossesses. Si la réglementation invoque le besoin de disponibilité des troupes, l’impact biologique de la maternité devient ici le prétexte d’une profonde injustice institutionnelle.

En punissant uniquement le corps féminin, l’administration crée une asymétrie totale : un policier masculin peut tout à fait devenir père au cours de ses deux premières années de service sans que sa disponibilité ne soit légalement contestée, ni sa carrière brisée. Cette exclusion unilatérale démontre que le règlement, sous couvert de rigueur militaire, fait peser le poids de la reproduction sociale et ses conséquences professionnelles sur les seules femmes, institutionnalisant une inégalité de traitement flagrante au sein des forces de l’ordre.

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