UOB : Au cœur de la théologie de la résistance et du sacré
La Salle de Musique de la Mutuelle des Étudiants de l’Université Omar Bongo a récemment vibré au rythme de la transmission culturelle.
Dès 11 heures, un public intergénérationnel et varié, composé de chercheurs, de prêtres, de Nganga, d’étudiants et de passionnés d’histoire s’est réuni pour explorer un sujet crucial : « Savoirs ancestraux, identité et transmission ». Cette rencontre d’une grande richesse a offert aux jeunes générations l’opportunité de s’immerger dans les valeurs culturelles et cultuelles de la danse Mahan (ou danse des jumeaux) ainsi que du mouvement Membalé, également connu sous le nom de « culte de Mademoiselle ». L’événement a mis en lumière les figures majeures de ce que les spécialistes qualifient de « théologie de la vie et de la résistance ».
Au cœur des débats, le second panel a captivé l’auditoire en abordant une figure historique centrale et controversée : Pascal Zoaka Zoaka. Invité par l’association Bana Ba Mékambo, le chercheur Jean Zobel Ahouka a animé cette session en posant une question fondamentale : le prophète du Mimbalé fut-il le destructeur de la spiritualité kota, de mèche avec les autorités coloniales et chrétiennes, ou en fut-il au contraire le réformateur et le purificateur ?
Pour l’intervenant, la réponse ne fait aucun doute et s’appuie sur une analyse scientifique rigoureuse. Loin d’avoir trahi son patrimoine, l’hôte s’est dressé en protecteur de l’ordre social face au vide laissé par l’iconoclasme colonial des décennies 1940-1950. En traquant le Ngoy ou l’Izanga, le prophète ciblait uniquement les dérives nocturnes et les altérations macabres menaçant la communauté. En combinant le latin à son propre arsenal mystique pour contrer les forces de destruction, il a bâti une véritable théologie de résistance, préservant ainsi l’essence même de la spiritualité locale.
Cette conférence, marquée par la franchise et la profondeur des échanges entre le panel et la communauté universitaire, s’inscrit dans une démarche à long terme. Ce voyage scientifique et mémoriel promet d’ailleurs de se poursuivre très prochainement à travers de nouvelles rencontres destinées à explorer les frontières de la culture locale dans son entièreté.




