SOCIÉTÉ

Faux Cuisin’OR, vrai danger : pour aider les démunis, un réseau clandestin sino-ouest-africain vendait de l’« huile un quart »

Dans les quartiers populaires et les marchés de Libreville, l’argument du prix l’emporte bien souvent sur la vigilance. C’est sur cette précarité économique qu’a prospéré une filière clandestine récemment prise la main dans le sac : une unité clandestine de reconditionnement d’huile végétale, opérée par un réseau sino-ouest-africain. Vendu à des tarifs imbattables sous la forme de reconditionnements bon marché, communément appelés « huile un quart », ce produit hautement suspect s’est infiltré dans les cuisines des ménages les plus démunis.

L’opération menée par les autorités sanitaires et les forces de contrôle a mis au jour des conditions de stockage et de manipulation particulièrement alarmantes. Le réseau importait des contenants d’huile étrangère de marque Viking, arrivés par conteneurs entiers, pour ensuite les transvaser de manière artisanale et insalubre dans des sachets et des bouteilles. Pour tromper la vigilance des acheteurs, l’organisation n’hésitait pas à frauduleusement étiqueter ces produits sous des labels locaux très prisés des consommateurs, à l’instar de Cuisin’OR ou de la marque Rose.

Interrogés sur place, certains acteurs de cette filière n’ont pas hésité à justifier leur trafic en prétextant répondre aux besoins des populations n’ayant pas les moyens de s’offrir de grands bidons. Une explication cynique masquant mal les énormes profits réalisés sur le dos de la sécurité alimentaire.

Alors que les saisies se multiplient et que les enquêtes s’élargissent pour retracer l’ensemble de cette chaîne de contrebande, ce scandale remet en lumière la vulnérabilité des circuits de distribution informels. Face à ce risque sanitaire direct, l’étau se resserre autour des boutiquiers complices et des trafiquants, rappelant qu’un bas prix ne peut avoir plus d’importance que la santé publique.

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