SOCIÉTÉ

Lambaréné : Pont d’Ikolo calciné, combien de temps encore l’isolement ?

C'est l'histoire d'une nuit. Une seule. Une nuit aux alentours d'une heure du matin. Et tout s'effondre.

Dans la nuit du 14 au 15 septembre, le feu a frappé fort. Très fort. Le pont en bois reliant le 2e arrondissement de Lambaréné à la zone industrielle spéciale GSEZ d’Ikolo est parti en cendres. Entièrement. Il n’en reste plus rien. Et ce pont, il faut bien comprendre, c’était l’unique accès. Le seul passage entre la ville, les plantations et la zone industrielle. Elle s’est retrouvée isolée. Coupée du monde. Bloquée.

Alertés en pleine nuit, les éléments de la 3e Compagnie d’incendie et de secours de Lambaréné ont foncé sur les lieux. Malgré leur caserne flambant neuve, malgré leur intervention rapide, impossible de sauver l’ouvrage. Le bois a tout pris. Embrasement total. Heureusement, aucune vie perdue.

Mais alors, d’où vient ce feu ? Sur place, les langues se délient. Des témoignages concordants évoquent un feu de broussailles, juste à côté du pont. Un feu allumé par un riverain, selon plusieurs sources locales. Une imprudence fatale ? L’origine exacte reste à confirmer officiellement.

Et les nouvelles du 18 septembre dernier étaient alarmantes. Très alarmantes. Trois jours sans accès. Salariés sans usine. Planteurs sans passage pour leurs récoltes. Transporteurs à l’arrêt. Du matériel, des engins, des marchandises, tout restait coincé de l’autre côté de la rive.

Et aujourd’hui, Dimanche 20 septembre, 5 jours après le drame, enfin une éclaircie !

Selon les dernières informations recueillies sur place, la situation se débloque. Face à la pression des opérateurs et des populations, les autorités locales, en concertation avec GSEZ, auraient acté une solution d’urgence.

Première annonce : la mise en place imminente d’une barge et d’un accès provisoire pour piétons et motos. Objectif, désenclaver immédiatement Ikolo. Les engins pour l’aménagement des berges sont déjà visibles sur le site. Les équipes techniques travaillent d’arrache-pied.

Deuxième annonce, la plus attendue : la reconstruction définitive en matériaux durables. Fini le bois ! Les études pour un pont en béton armé seraient lancées. Un ouvrage solide, résistant au feu, résistant au temps. Le coût et le délai restent à préciser, mais l’intention est là.

Et derrière ce drame, rappelons-le, il y a GSEZ Ikolo ! Ce n’est pas une petite zone. C’est la suite du succès de Nkok. C’est la fierté du Gabon, premier exportateur africain de feuilles de placage. C’est 5 à 6 usines de transformation. C’est 1500 à 2000 emplois annoncés. C’est 300 conteneurs par mois.

Le fait divers a viré à la crise économique et sociale. Il a surtout révélé la fragilité de nos infrastructures vitales. À Lambaréné, on ne retient plus son souffle, on observe. La barge promise va-t-elle arriver à temps ? Le pont en béton va-t-il vraiment sortir de terre ? Ikolo attendait une réponse. Cette réponse semble enfin arrivée.

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