Sucaf Gabon au bord de l’implosion : Grève générale annoncée le 1er octobre
Le bras de fer est engagé à Franceville. Les salariés de la Société Les Sucreries du Gabon (Sucaf Gabon) ont déposé, le vendredi 18 septembre 2026, un préavis de cessation concertée et collective de travail. Si aucun accord n’est trouvé d’ici là, l’usine, seule productrice de sucre du pays, sera à l’arrêt à compter du 1er octobre à 00h00.
Réunis en assemblée générale, les travailleurs dénoncent une dégradation brutale de leurs conditions de vie et de travail et accusent la direction générale de violer systématiquement leur convention collective.
Dans un préavis très détaillé, ils listent les griefs à l’origine de leur colère : Tout d’abord, la suppression de l’accès à l’économat, un avantage social pourtant garanti par l’article 30 de la convention collective, ainsi que la fermeture sans justification du foyer des travailleurs et de l’espace de repos prévu à l’article 31.
Ensuite, le volet le plus sensible, celui de la santé. Les employés déplorent l’absence totale d’organisation des visites médicales obligatoires, notamment les visites semestrielles pour les agents exposés aux produits chimiques, comme l’exige l’article 32. Ils pointent également de graves dysfonctionnements au sein du Comité de sécurité et de santé au travail, dont les missions de suivi des risques professionnels prévues aux articles 45 et 48 ne seraient plus assurées.
S’ajoutent à cela l’absence de tout plan annuel de formation en violation des articles 36 et 37, et la dotation dérisoire en équipements de protection. Selon les délégués du personnel, les agents n’ont reçu qu’une seule tenue de travail en deux ans, alors que l’article 46 en prévoit deux par an. Les salariés réclament aussi la mise en place de la Commission d’interprétation paritaire prévue à l’article 50, qui n’a jamais vu le jour.
Ce mouvement social survient alors que l’entreprise traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Reprise il y a deux ans par des investisseurs turcs, elle est au bord du gouffre financier. Son directeur général, Ousmane Mabignath Sall, a lui-même reconnu que la société est très menacée, avec un outil industriel vieillissant et obsolète. Une situation constatée sur le terrain par le gouverneur du Haut-Ogooué le 28 août, puis par le ministre de l’Industrie Lubin Martial Ntoutoume le 13 septembre dernier.
Malgré la fermeté de leur ton, les représentants du personnel assurent rester ouverts au dialogue. Mais ils préviennent : sans mesures concrètes et immédiates garantissant le respect des textes et la sécurité des travailleurs, la grève sera inévitable et la production nationale de sucre paralysée.




