Trafic Congo-Gabon : 5 orpailleurs voulaient inonder Étéké, Ikembélé et Ikoye en chanvre et Tramadol
C’est un double visage que présentaient les cinq hommes interpellés le 11 septembre 2026 à Mabanda, dans le département de la Doutsila. Officiellement orpailleurs domiciliés à Mouila, Donnevy Massandé, Wensley Mbena-Mbena, Wilfried London Marat, Omer Brice Chevignon Mandoh et Ndho Mateba avaient en réalité monté une filière d’approvisionnement bien rodée depuis la République du Congo voisine.

La brigade territoriale de gendarmerie a mis la main sur leur cargaison : sept sacs renfermant près de 70 kilogrammes de cannabis et 1 373 comprimés de Tramadol, le tristement célèbre Kobolo. Une marchandise dont la valeur marchande est évaluée par le parquet de Tchibanga à 10 052 500 FCFA.
Mais au-delà de la saisie, c’est la destination finale du produit qui a retenu l’attention des enquêteurs. Selon les premiers éléments de l’enquête, les cinq suspects n’entendaient pas écouler la drogue à Tchibanga. Leur marché cible se trouvait à quelques dizaines de kilomètres de là, dans les zones aurifères de la Ngounié où ils exercent comme orpailleurs. Des sites comme Ikoye, Ikembele, Éteké et bien d’autres, réputés pour leur forte consommation de cannabis et Tramadol, des produits très prisés pour tenir le rythme des travaux durs et pour alimenter un commerce parallèle lucratif.
Un trafic confirmant une tendance inquiétante observée par les autorités : la porosité entre l’orpaillage clandestin et le narcotrafic dans le sud-ouest du Gabon. Les mêmes pistes forestières servant à acheminer l’or vers le Congo, servent également à faire entrer la drogue.
L’opération, menée par les gendarmes de Mabanda malgré une absence criante de moyens de mobilité, a été saluée par le procureur de la République près le tribunal de Tchibanga, Guychard Ndong Mebalé. Les mis en cause ont ensuite été placés en détention dans les locaux de l’antenne provinciale de la Direction Générale des Recherches.
Présentés mardi 15 septembre dernier au parquet de Tchibanga pour trafic de stupéfiants et blanchiment du produit de ce trafic, faits prévus par les articles 597 à 603 du Code pénal, ils devraient rapidement être transférés à Libreville. En vertu de l’article 435 du Code de procédure pénale, leur dossier relève en effet de la compétence exclusive d’une formation spécialisée du Tribunal de première instance de la capitale.




