POLITIQUE

Insalubrité : Que va faire Hermann Immongault si les maires n’arrivent pas à nettoyer le Grand Libreville en trois mois ?

La coupe est pleine, mais le compte à rebours est officiellement lancé. Confronté à une crise de salubrité publique sans précédent dans le Grand Libreville, le gouvernement a choisi de placer les autorités municipales face à leurs responsabilités.

Au cœur de cette stratégie de fermeté, Hermann Immongault, le vice-président du gouvernement, joue une partition décisive. En convoquant mardi 15 septembre 2026 les édiles de Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum, il a posé un ultimatum clair assorti d’une échéance butoir fixée à janvier 2027. Trois mois pour obtenir des résultats visibles sur le terrain, sous peine de voir l’État sanctionner l’inefficacité locale.

Cette descente sur le terrain des autorités intervient alors que l’agglomération suffoque sous les immondices. Plusieurs facteurs expliquent cette asphyxie, à commencer par la saturation et l’incendie de la décharge de Mindoubé. Unique exutoire officiel, le site a été fragilisé par un incendie survenu début septembre. Face à cette situation, l’opérateur Clean Africa a été contraint de suspendre puis de ralentir ses rotations, entraînant la prolifération de dépôts sauvages.

Les points noirs se multiplient ainsi dans les 2e, 3e et 6e arrondissements de Libreville, dans la commune d’Owendo et sur l’axe Akanda. Une situation alarmante qui avait déjà valu une vive interpellation publique de la part du président Brice Clotaire Oligui Nguema le 13 août dernier. Au lendemain de leur conclave avec Hermann Immongault, les maires des quatre communes (représentés par Jean-Jacques Kangue pour Libreville, Arnaud Sandri Nombo pour Owendo, Michel Léandre Delbrah Ndassy pour Akanda et Zéphirine Etotowa Ntutume pour Ntoum) ont rendu public un communiqué commun.

Ce texte, lu par Jennifer De Mayombo Kangouna, sonne comme un dernier avertissement aux administrés. S’appuyant sur les compétences que leur confère la loi sur la décentralisation en matière d’hygiène et de salubrité, les édiles rappellent que l’État ne peut à lui seul assurer la propreté de la ville. Ils pointent du doigt les comportements inciviques, notamment le non-respect des horaires de collecte des ordures fixés entre 18h et 21h, l’obstruction volontaire des caniveaux et ouvrages d’évacuation des eaux, constituant un facteur aggravant des inondations en cette saison des pluies, ainsi que l’abandon de gravats et l’occupation anarchique du domaine public.

La phase de sensibilisation cède définitivement sa place à la répression. Le communiqué fait office de mise en demeure générale enjoignant les riverains et opérateurs économiques à prendre en charge sans délai l’entretien des espaces jouxtant leurs concessions, notamment en assurant le balayage, le désherbage, le curage des caniveaux et le ravalement des façades délabrées.

Des équipes de contrôle relevant de chaque commune sillonnent désormais les quartiers pour vérifier le respect des prescriptions. Les contrevenants s’exposent à des amendes dissuasives comprises entre 500 et 500 000 francs CFA, ainsi qu’à des poursuites pénales en cas de dépôt sauvage ou d’occupation anarchique.

Si ces mesures musclées marquent une volonté politique forte, toute la question est désormais de savoir si Hermann Immongault disposera des leviers nécessaires pour contraindre des mairies souvent sous-équipées à tenir leurs engagements d’ici janvier 2027. La crédibilité de toute la gouvernance locale est en jeu.

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