POLITIQUE

Justice : Oligui Nguema Recadre La Magistrature Avant La Rentrée Du 5 Octobre

A quelques jours de la rentrée judiciaire fixée au 5 octobre prochain, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué ce jeudi 1er Octobre 2026 au Palais Rénovation du Bord de Mer à Libreville les principaux visages de la Justice. Autour de la table, le ministre de la Justice Garde des Sceaux, les premiers responsables des hautes juridictions et le Syndicat national des magistrats du Gabon. Objectif affiché : faire le point sur l’application des décisions prises à Port-Gentil.

Car c’est bien à Port-Gentil, le 16 septembre dernier, que le Conseil supérieur de la magistrature a tenu sa session extraordinaire sous la présidence du Chef de l’État. Une délocalisation inédite, présentée comme un signal de rapprochement des institutions avec les territoires, mais surtout une session qui a rebattu les cartes.

57 promotions validées, 7 réintégrations actées, une administration centrale recomposée et surtout des nominations stratégiques. Pamphile Moussavou Ibouanga prend la première présidence de la Cour des comptes à la place d’Alex Euv Moutsiangou, désormais conseiller au secrétariat permanent du CSM. A la Cour de cassation, André Wora Alonda est désigné président. Au parquet général de Libreville, Alain-Georges Moukoko remplace Eddy Narcisse Minang, radié du corps à l’issue du Conseil de discipline du 25 août. Une radiation susceptible de recours devant le Conseil d’État.

Le Chef de l’État, en ouvrant les travaux à Port-Gentil, avait fixé le cap. Moderniser les textes, mieux encadrer les dommages-intérêts jugés excessifs, l’exécution provisoire, les astreintes et les saisies intempestives, garantir des délais raisonnables et surtout inspirer confiance. La justice doit prouver sa capacité à sécuriser l’activité économique et à rassurer les investisseurs.

Le CSM face au Président de la République, Chef de l’État, Brice Clotaire Olingui Nguema © DR

C’est dans ce contexte que s’est tenue la réunion préparatoire à la rentrée. Les échanges ont porté sur le niveau d’exécution des décisions de Port-Gentil, les contraintes de terrain et les préoccupations des magistrats. Le SYNAMAG, de son côté, a exposé ses griefs. Le syndicat présidé par Landry Abaga Essono conteste plusieurs décisions du CSM qu’il juge entachées d’irrégularités, évoquant des doubles nominations et des inscriptions au tableau d’avancement ne respectant pas les règles d’ancienneté. Il en appelle désormais à l’arbitrage du Président pour des rectifications avant le 5 octobre.

Face à ces tensions, Oligui Nguema a rappelé la doctrine. Plus de rigueur, plus de responsabilité et des résultats. La magistrature a un rôle important à jouer dans la construction du pays, a insisté le Chef de l’État, au-delà du simple traitement des contentieux. Il s’agit de garantir un accès effectif au droit, d’assurer la célérité des procédures et de rendre une justice impartiale, accessible et performante.

Le message est clair à la veille de la nouvelle année judiciaire. La Ve République ne tolérera ni la complaisance ni l’opacité. Le 5 octobre ouvrira donc une année sous surveillance, où chaque juridiction sera jugée à l’aune de son efficacité.

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