Social : La Société Agro Business Group Bafoue les Droits de ses Employés dans un Silence Méprisant
L’indignation des salariés ne cesse de grandir face au comportement de la direction d’Agro Business Group (ABG, anciennement SIAT Gabon).

Autrefois présentée comme un pilier de la diversification économique nationale grâce à ses activités dans l’hévéa, l’huile de palme et l’élevage, la holding belge s’illustre désormais par une gestion désastreuse et un mépris caractérisé envers sa main-d’œuvre. Écrasée sous le poids de dettes colossales, l’entreprise a choisi de faire la sourde oreille et d’abandonner froidement son personnel à la précarité la plus totale, accumulant jusqu’à seize mois d’arriérés de salaires.
Sur le site de Kango, la situation vire au drame humain par la seule faute de cette direction générale qui ferme les yeux sur la détresse qu’elle a engendrée. Le non-respect des engagements envers les travailleurs y est total : les cotisations sociales des nouvelles recrues auprès de la CNSS et de la CNAMGS n’ont jamais été versées, le solde de tout compte des retraités demeure impayé, et des saigneurs de caoutchouc se voient déportés vers le site de Zilé à Lambaréné. En poussant à l’arrêt temporaire des activités du site, la société a plongé ces familles dans le dénuement. Les enfants sont privés de scolarité, l’infirmerie locale est vidée de tout soin, l’eau et l’électricité sont rationnées, tandis que les routes et les infrastructures s’effondrent dans l’indifférence générale.
Ce manque d’égards tragique a dégradé les conditions de vie au point d’en devenir mortel. Réduits à chasser, pécher ou mendier pour survivre sur une plantation laissée à l’abandon, les employés paient le prix fort de cet abandon patronal : deux décès ont déjà été enregistrés sur le site, dont un meurtre par balle lors d’une partie de chasse de subsistance. L’amertume des pères de famille est d’autant plus vive que pendant qu’ils luttent contre la famine dans un environnement délabré, la direction continue d’expédier des conteneurs de caoutchouc vers la zone économique de Nkok, tirant profit d’une production sans en reverser le moindre centime à ceux qui l’ont récoltée.
Face à des pilleurs poussés par la misère et à des logements dégradés, la sécurité même des lieux s’effondre. Les travailleurs ne comptent plus sur une direction défaillante ayant englouti les bénéfices et gaspillé les facilités fiscales accordées par l’État, jusqu’à se faire radier de la Bourse régionale en février 2023 pour manquement aux réglementations.
À propos, le collectif a rencontré ce jour la direction du ministère du travail et envisage de saisir la justice prochainement afin que leur condition de vie soit améliorée.
Pour faire entendre leur voix et exiger le versement des près de quatre milliards de francs CFA attendus de la rachat de parts par l’État, l’ensemble des employés ont prévu une marche de revendication est prévue si rien est fait. Désormais, ces citoyens spoliés placent leurs ultimes espoirs dans une intervention directe du Président de la République, le Général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, pour contraindre l’employeur à ses devoirs et restaurer la dignité bafouée des familles gabonaises.




