Démantèlement d’un réseau de matériel SEEG à Cosmoparc : Véritable coup de filet ou écran de fumée pour masquer des failles internes ?
Une nouvelle opération menée, le mardi 30 juin 2026, par la Direction générale des recherches (DGR) au quartier Cosmoparc, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville, a mis au jour un réseau présumé de détournement et de recel de matériel appartenant à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).
Lors de cette descente, les enquêteurs ont mis la main sur une quantité importante d’équipements, incluant des câbles industriels, des compteurs électriques et des transformateurs de basse tension. Trois suspects ont été interpellés, tandis que le cerveau présumé de l’opération a réussi à prendre la fuite et reste activement recherché par les forces de l’ordre.
Si les autorités présentent cette affaire comme une victoire dans la lutte contre la prédation économique et un soutien aux réformes du secteur engagées par le président de la République, elle soulève néanmoins de sérieuses interrogations sur la gestion interne de la SEEG. Cette banale affaire de quincaillerie ne sert-elle pas, en réalité, de paravent à l’entreprise pour masquer ses propres lacunes structurelles et son incapacité chronique à sécuriser ses infrastructures ?
Au-delà de la simple complicité extérieure, la nature même du matériel saisi, hautement spécifique et théoriquement soumis à une traçabilité rigoureuse, pose la question de l’origine de la fuite. Il est légitime de se demander si ce réseau n’est pas purement et simplement l’œuvre d’agents de la SEEG eux-mêmes.
En tant que maillons initiaux de la chaîne de distribution, ces techniciens et gestionnaires de stocks apparaissent comme les premiers suspects capables de soustraire de tels volumes pour les revendre directement aux commerçants de la place. Plutôt que de pointer du doigt des receleurs locaux, la SEEG ne devrait-elle pas mener un audit profond sur la moralité et les pratiques de ses propres équipes, souvent soupçonnées d’alimenter les circuits parallèles ?
Alors que l’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur du préjudice, l’opinion publique attend de savoir si la justice remontera véritablement la filière jusqu’au sommet de la hiérarchie de la SEEG, ou si l’affaire se limitera à sacrifier quelques lampistes pour préserver les apparences d’une société en pleine réforme.




