SOCIÉTÉ

Des mois sans salaire : le cri d’alarme des travailleurs d’Agropag

Face à l’amplification de la crise sociale secouant la Société agro-pastorale du Gabon (Agropag), les autorités tentent de désamorcer une situation explosive. Acteur clé évoluant dans le secteur agropastoral et agro-industriel — couvrant l’élevage, les cultures vivrières, la transformation locale et la distribution —, l’entreprise fait face à un naufrage financier estimé à près de 7 milliards de FCFA.

Cette défaillance de gestion et de gouvernance a entraîné l’accumulation de plusieurs mois d’impayés salariaux, plongeant ses équipes dans une vive précarité. Une mission de médiation envoyée par le ministère de l’Agriculture s’est récemment rendue à Ndendé pour échanger avec les employés et suspendre leur projet de marche pacifique, réorientant temporairement le dossier vers la Présidence de la République.

Ce malaise s’étend cependant bien au-delà de la province de la Ngounié, touchant l’ensemble des implantations nationales de la société. Un arrêt total des activités sur ces sites agro-industriels entraînerait des répercussions immédiates et dramatiques. Sur le plan pastoral et agricole, la rupture des opérations paralyserait l’approvisionnement en intrants et la maintenance des équipements, entraînant une perte incontrôlée des cheptels bovins ainsi que l’effondrement des filières d’élevage, d’aviculture et de cultures céréalières en cours.

À l’échelle socio-économique, la cessation définitive du travail parviserait un coup d’arrêt aux ambitions de souveraineté alimentaire de l’État, tout en accentuant la dépendance du pays aux importations de denrées et en asphyxiant le commerce local dans les zones de production. Alors que la structure devait servir de vitrine pour l’autosuffisance nationale, la résolution globale du conflit salarial et l’apurement des arriérés apparaissent aujourd’hui comme la seule voie pour préserver les emplois et éviter la mort définitive du secteur agropastoral public.

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