FGIS : Le fils prodige de BGFI capital claque la porte d’Oyima et prend les commandes du fonds souverain
C'est la nomination qui fait trembler la Tour BGFI. Réuni le vendredi 18 septembre dernier à Port-Gentil, le Conseil des ministres a tranché. Ismaël Libizangomo devient le nouveau Directeur Général du Fonds Gabonais d'Investissements Stratégiques, le FGIS. Il succède à Serge Brice Ngodjou.
Le symbole est fort. L’homme à la manœuvre de l’argent gabonais chez BGFICapital va désormais gérer l’argent gabonais pour l’Etat.
Jusqu’à ce jour, Libizangomo dirigeait BGFICapital, la machine à cash du groupe BGFIBank. Nommé en 2022, il a transformé cette filiale en arme de guerre : financement structuré, deals à plusieurs milliards, de Proalu au Cameroun à Nouvelle Gabon Mining, Solen, Sogara, GSEZ, Prometal. Il a même ouvert Abidjan pour étendre l’empire. Le rapport 2025 du groupe le cite partout.
Derrière les chiffres, la guerre était ouverte. Selon nos informations, ses relations avec Henri-Claude Oyima, PDG tout-puissant de BGFI Holding, se sont fortement dégradées ces derniers mois. Deux visions incompatibles. Deux ambitions trop grandes pour un seul bureau. D’un côté Libizangomo, technocrate de la finance structurée, obsédé par la structuration. De l’autre Oyima, patriarche à l’instinct de contrôle absolu, y compris lors de son passage éclair au gouvernement comme Ministre de l’Economie.
Le divorce devenait inévitable. Il est désormais consommé. Et l’Etat ramasse la mise. En le plaçant à la tête du FGIS, Oligui Nguema fait d’une pierre deux coups. Il s’offre un banquier d’affaires pur jus, capable de lever 80 milliards sans trembler, au moment précis où le fonds souverain doit devenir le bras armé de la transformation locale. Dans le même temps, il affaiblit symboliquement le groupe longtemps persuadé d’être plus fort que l’Etat.
Le FGIS n’est pas une banque. C’est le coffre-fort stratégique de la République. La structure en charge des participations de l’Etat, du financement des projets boudés par les banques classiques. Avec Libizangomo, on passe du discours à la structuration.
Oyima, lui, reste concentré sur sa deuxième levée de 80,5 milliards à la BVMAC pour porter le flottant de BGFI à 10%. Mais il perd l’un de ses meilleurs soldats.La République gagne un stratège. BGFI perd un cerveau.




