POLITIQUE

Stop aux arnaques en ligne : Monsieur le Président, les Gabonais veulent des voitures chinoises à bas prix, fabriquées à Libreville !

À Pékin, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a posé un cap clair : transformer une amitié ancienne en investissements concrets. Après trois jours à Shanghai, le chef de l'État a entamé ce vendredi l'étape de Pékin pendant sa visite d'État en Chine.

Sur la place Tiananmen, il a déposé une gerbe au Monument aux Héros du Peuple. Un geste de mémoire avant les entretiens avec le Premier ministre chinois, Li Qiang.

Au Grand Palais du Peuple, les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération économique et sur l’arrivée de nouveaux investissements chinois au Gabon. Le numéro un (1) gabonais a plaidé pour une présence accrue des entreprises chinoises dans les mines, la transformation locale, la pêche et la formation.

La délégation gabonaise autour de la table des discussions. Des dossiers concrets, pour un partenariat gagnant-gagnant © DR

Et s’il négociait pendant ce séjour avec deux ou trois concessionnaires de véhicules à Pékin ? Un accord direct changerait tout : moins d’arnaques en ligne, moins de véhicules défectueux en circulation dans le pays, des prix affichés, des garanties claires, un interlocuteur officiel.

Notre rédaction a rencontré des Gabonais à Libreville, Owendo et Akanda. Leurs paroles sont claires : ils veulent des voitures neuves, à des prix justes.

Yann M., 34 ans, chauffeur de taxi à Owendo, ne cache pas sa colère : « Je paie trop cher pour une vieille voiture. Je veux une neuve, moderne, à un prix juste. »

Aïcha B., 29 ans, vendeuse au marché de Mont-Bouët, regarde les modèles chinois sur son téléphone : « Les voitures chinoises sont belles, solides, avec de bons écrans. On en voit partout sur les réseaux. »

Kevin N., 27 ans, jeune entrepreneur à Libreville, voit plus loin : « Si on fabrique ici, on aura des emplois, des pièces, un vrai service après-vente. C’est ce que le Gabon attend. »

Mireille O., 42 ans, mère de famille à Akanda, raconte une mauvaise expérience : « J’ai failli acheter une voiture à un revendeur. Le prix a changé trois fois. Je ne veux plus de ça. »

Poignée de main historique à Pékin entre le Président gabonais et un Président institutionnel Chinois. Le respect, la confiance, et une vision commune pour l’avenir © DR

Derrière les dossiers officiels, une attente forte monte à Libreville : des voitures chinoises modernes, solides, et à des prix accessibles. Plusieurs Gabonais en ont assez de payer très cher en Occident ou de passer par des revendeurs véreux. Ils veulent une solution simple : importer plus facilement, ou mieux, produire sur place.

Les modèles chinois séduisent par leur qualité, leur design, leurs écrans, leurs options, et leurs tarifs flexibles. Pour une famille gabonaise, pour un taxi, pour un jeune entrepreneur, la différence de prix change tout.

Une usine d’assemblage à Libreville changerait la donne : des emplois locaux, des prix plus bas, un service après-vente proche, des pièces disponibles. Le Gabon ne serait plus seulement un acheteur, il deviendrait un producteur.

Pour ces Gabonais rencontrés par notre rédaction, cette piste est la plus attendue. Acheter neuf, avec facture, avec garantie, sans peur de tomber sur une épave maquillée.

Signature à Pékin : port minéralier et chemin de fer au cœur des accords. Le Gabon avance, avec des infrastructures pour transformer son économie © DR

Pour rappel, dans la journée du jeudi 5 novembre, la République gabonaise, Eramet Comilog et Sinohydro ont signé une lettre d’intention sur l’alimentation électrique d’une future usine d’alliages de manganèse, à l’étude au Gabon. Le texte prolonge le protocole du 20 juillet 2026 sur la transformation locale du manganèse et ouvre la piste de centrales hydroélectriques pour sécuriser les besoins de l’usine envisagée dans la région de Libreville.

À Shanghai, les trois premiers jours avaient donné le ton : promotion des opportunités gabonaises, découverte du modèle de développement chinois, participation à la neuvième Exposition internationale d’importation de la Chine.

Cette visite d’État est la douzième du genre en 52 ans de relations diplomatiques, établies en 1974. Les échanges bilatéraux ont atteint 3,19 milliards de dollars en 2025, en hausse de 8,3 %. La Chine absorbe 27 % des exportations gabonaises, surtout du pétrole brut, du manganèse et du bois.

La suite du séjour doit se poursuivre avec des entretiens avec le président Xi Jinping et avec Zhao Leji, président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale.

À Pékin, le message de Libreville ne change pas : moins d’exportation brute, plus de transformation sur place, plus d’emplois, plus de valeur ajoutée. Et dans les rues de Libreville, un espoir simple se dessine : demain, rouler dans une voiture chinoise neuve, achetée à un prix juste, sans passer par un intermédiaire.

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