POLITIQUE

EXCLUSIF : 177,93 milliards pour l’Intérieur. Le grand oral de Moukoumbi à l’Assemblée nationale va-t-il convaincre ?

C’est l’heure de vérité pour les missions régaliennes. Le mercredi 22 octobre 2026, sous la coupole de l’Assemblée nationale, la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité publique, conduite par sa présidente, l’Honorable Nicole Jeanine Lydie Roboty épouse Mbou, a mis à l’épreuve les patrons de la Sécurité et de la Défense.

Face aux commissaires, deux membres du Gouvernement : le Général de Brigade Brigitte Onkanowa, ministre d’État à la Défense nationale, et Edgard Moukoumbi, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Deux départements, une même exigence : prouver que l’argent public produit du résultat.

Edgard Moukoumbi n’a pas échappé à l’exercice de transparence. Interrogé sur l’exécution 2026, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au 30 septembre, la mission « Administration du territoire » peine à consommer ses crédits : 13,67 milliards de FCFA décaissés sur 33,99 milliards prévus, soit un taux d’exécution de 40,20%. Un bilan ayant logiquement suscité des interrogations au sein de la Commission. Comment prétendre à plus, quand on peine à consommer l’existant ?

La réponse du ministre tient en un chiffre : 177,93 milliards de FCFA. C’est l’enveloppe globale qu’il sollicite pour 2027. Une enveloppe qu’il structure autour de trois urgences nationales : sécuriser le territoire face à des menaces multiformes, moderniser une administration territoriale à bout de souffle, et enfin, donner un contenu réel à la décentralisation.

Le débat a été sans concession. Les élus du peuple ont mis le ministre face à ses responsabilités. Gestion anarchique des flux migratoires, rupture de continuité des services publics dans l’arrière-pays, gestion calamiteuse des déchets dans nos grandes villes, et surtout, ce dossier qui fâche : le calvaire des Gabonais de la diaspora pour le renouvellement de leur passeport. Sur chaque point, Edgard Moukoumbi a été sommé d’apporter des garanties, pas des promesses.

Ce passage devant la Commission intervient dans un contexte budgétaire national sous tension. Le Gabon vise un budget de 6 223,1 milliards de FCFA pour 2027, en hausse de 727,9 milliards, mais sous perfusion de financements extérieurs.

Dans ce jeu d’équilibriste, la Défense paie le prix fort. Sa mission passe de 307,3 milliards en 2026 à 272,5 milliards en 2027, soit une coupe de 11,3%. Brigitte Onkanowa se veut rassurante : la Loi de programmation militaire 2025-2029 sera tenue, les casernes réhabilitées, les équipements modernisés. Elle annonce même le démarrage imminent d’un atelier national de confection d’uniformes, gage d’autonomie.

Pour l’Intérieur, l’équation est désormais claire. Au-delà des 177,93 milliards affichés, c’est la capacité à transformer le franc CFA en sécurité concrète, en administration de proximité et en collectivités viables qui sera jugée par les Gabonais. Les travaux se poursuivent. Le peuple attend des actes.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page