GABON / CEMAC : PANIQUE POUR RIEN ! Les opérateurs économiques refusent à tout-va les pièces de 100F, 200F et 500F : la Ve République peine à imposer la pédagogie
Pourquoi le Gouvernement de la Ve République peine-t-il à expliquer aux opérateurs économiques que tous les jetons ne sont pas hors circuit ?
Depuis quelques semaines, un phénomène gagne l’ensemble du territoire. Commerçants, taximen, vendeuses de marché, églises même, refusent les pièces. Motif invoqué : tous les jetons seraient désormais inutilisables. Une rumeur asphyxie la petite circulation monétaire et complique la vie quotidienne des Gabonais.
Pourtant, l’information officielle existe. Claire, précise, publique. Elle émane non du Gouvernement gabonais, mais de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC).Le 7 octobre 2026 à N’Djamena, le Comité Ministériel de l’Union Monétaire d’Afrique Centrale décide la démonétisation des anciennes gammes. Sont concernées uniquement les pièces mises en circulation entre 1958 et 1985, soit cinq gammes : 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985.
Le Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, dans une note d’information du 8 octobre 2026, précise le calendrier :D’abord, ces pièces anciennes gardent leur cours légal et leur pouvoir libératoire jusqu’au 31 octobre 2026 à minuit. Jusqu’à cette date, tout commerçant doit les accepter. Les refuser aujourd’hui constitue une illégalité.
Ensuite, à compter du 1er novembre 2026, elles perdront effectivement leur pouvoir d’achat dans les six pays de la CEMAC : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale et Tchad.
Puis, leurs détenteurs disposeront d’un an pour les échanger, du 1er novembre 2026 au 31 octobre 2027. Neuf mois dans les banques commerciales, les établissements de microfinance et aux guichets de la BEAC jusqu’au 31 juillet 2027, puis trois mois exclusivement aux guichets de la BEAC jusqu’au 31 octobre 2027. Passée cette date, aucun échange ne sera plus possible.

Enfin, point central que le Gouvernement peine à faire comprendre : les pièces des gammes 2006 et de la nouvelle gamme Type 2024, entrée en circulation le 2 avril 2025, avec neuf valeurs de 1 à 500 FCFA dont la pièce de 200 FCFA, restent parfaitement valables. Elles conservent leur cours légal et doivent être acceptées dans toutes les transactions.
Ce phénomène observé aujourd’hui à Libreville, Port-Gentil ou Fougamou relève d’une anticipation excessive. Par peur de se retrouver avec de la monnaie obsolète, des opérateurs rejettent par anticipation toutes les pièces, y compris celles de 2006 et 2024 restées valables. La Paroisse Cathédrale Saint-Louis de Port-Gentil publie même un visuel titré STOP AUX ANCIENNES PIÈCES DANS LES QUÊTES, créant une confusion supplémentaire entre anciennes pièces et pièces actuelles.
Le Gouvernement de la Ve République, héritier de cette décision communautaire, doit maintenant organiser une campagne d’information massive et pédagogique. Il ne s’agit pas de tous les jetons. Il s’agit uniquement des anciennes gammes 1958 à 1985. Et leur retrait n’intervient qu’au 1er novembre.
D’ici là, rejeter une pièce de 100 FCFA de la gamme 2006 ou une pièce de 200 FCFA de la gamme 2024 pénalise le consommateur et viole la réglementation monétaire de la CEMAC.




