SOCIÉTÉ

Grand Libreville : 3 milliards pour détruire 270 maisons ! la nouvelle route de 20 km va tout changer

Le gouvernement met les moyens pour concilier développement routier et justice sociale dans la capitale. Une enveloppe de près de 3 milliards de francs CFA est prévue pour accompagner les familles impactées par le futur grand axe du Grand Libreville.

Le projet est d’envergure. Il s’agit de construire une route de 20 kilomètres en 2×2 voies sur une emprise de 30 mètres, avec terre-plein central et accotements, reliant les feux tricolores de Jeanne-Ebori à la voie de contournement. Le tracé empruntera le boulevard de la Transition, Lac-Bleu, les Charbonnages et Diba-Diba, afin de fluidifier durablement la circulation et de désenclaver plusieurs quartiers.

Le 24 octobre 2026, le ministre des Travaux publics, Lambert Mouvinde Millot, accompagné de la gouverneure de l’Estuaire Marie-Françoise Dikoumba et des équipes de l’urbanisme et du cadastre, a effectué une visite de terrain pour examiner l’emprise. Car l’infrastructure implique une libération d’emprises lourde, notamment aux abords de la Cité de la Démocratie.

Selon les informations publiées par L’Union et Mplus Africa, l’enveloppe de près de 3 milliards vise à apporter une assistance financière au relogement, y compris pour des ménages installés sur le domaine de l’État. Les modalités précises de répartition n’ont pas encore été détaillées.

Mais l’actualité la plus récente précise l’ampleur. Dès le 4 novembre prochain, l’État lancera la libération des emprises sur deux tronçons sensibles, à savoir Dispensaire d’Okala – Sangel d’Okala avec 67 bâtiments concernés et Lac-Bleu – Diba-Diba avec 203 bâtiments, soit 270 bâtiments au total. Pour ces familles, un appui financier est annoncé sans que les critères ne soient encore publics.

La question du statut foncier reste centrale. Sur ces 270 bâtiments, seuls 13 propriétaires à Okala détiennent un titre foncier. Les 257 autres, dont 150 rien qu’à Diba-Diba, n’en possèdent pas. Tout l’enjeu sera de savoir si l’aide sera identique ou modulée.

Les précédents chantiers donnent une indication. En août dernier, 560 millions de FCFA ont été versés à 79 familles d’Akémi-Ndjogoni et de la Baie des Cochons, avec des montants allant jusqu’à 47 millions pour certains. En octobre, 312 millions ont été mobilisés pour 41 familles à Nkoltang. Soit une moyenne d’environ 7 millions par famille, ce qui porterait l’opération des 270 bâtiments autour de 2 milliards, sans compter la viabilisation urgente de parcelles à Malibé dont la superficie reste à préciser.

L’objectif affiché par le gouvernement est clair, éviter que cette nouvelle voie stratégique ne se transforme en crise sociale et réussir le double pari de moderniser Libreville tout en sécurisant les populations affectées.

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