SOCIÉTÉ

Gabon / réseaux sociaux : après 8 mois de coupure, la HAC annonce la fin du blocage, mais personne ne veut lâcher son vpn !

La coupure est levée. La méfiance demeure. Le samedi 24 octobre 2026, la Haute Autorité de la Communication a mis fin à 250 jours de suspension des réseaux sociaux au Gabon.

Réunie en séance plénière extraordinaire sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, la HAC a décidé de mettre fin à une mesure ayant duré 250 jours calendaires. « La HAC décide de la levée de la mesure portant suspension des réseaux sociaux », a déclaré son porte-parole Jean-Claude Franck Mendome dans une déclaration lue à la télévision nationale.

Une décision prise le 17 février dernier « jusqu’à nouvel ordre » pour, selon l’autorité, des contenus portant atteinte à la stabilité des institutions et à la sécurité nationale. Facebook et TikTok, les plus utilisés au Gabon, ainsi que YouTube et Instagram avaient été coupés, tandis que WhatsApp ne fonctionnait que partiellement.

Sur le terrain, la libération annoncée ne signifie pas l’abandon. Dans les quartiers de Libreville, Owendo, Akanda, à Port-Gentil, Franceville, etc. Le réflexe est resté. Huit mois d’habitude et de débrouille ont installé un bouclier que beaucoup refusent de retirer.

La première crainte est celle du revirement. Pour de nombreux internautes, la levée peut être provisoire. Ils redoutent qu’à la moindre tension, la HAC ou le sommet de l’État ne décide de tout couper à nouveau. Autant garder l’outil ayant permis de rester connecté.

La seconde crainte est plus intime. Elle touche à la surveillance. Depuis octobre, Libreville a rendu l’identification formelle obligatoire pour tous les usagers, mettant fin à l’anonymat en ligne. Dans ce contexte, désactiver son VPN, c’est pour certains s’exposer. « On serait vulnérable », confie un jeune commerçant en ligne, habitué à vendre sur Facebook.

La HAC, elle, se félicite d’avoir « développé une collaboration active avec TikTok, Meta et YouTube », visant notamment à « améliorer la modération des contenus diffusés » sur ces plateformes.

Malgré cette annonce officielle, le retour demeure incomplet. Sur le terrain, plusieurs applications essentielles restent difficiles d’accès. Un constat cohérent avec la réalité décrite durant la suspension : la mesure était toutefois largement contournée via l’usage de réseaux privés virtuels.

Entre prudence, habitudes ancrées durant huit mois et accès encore partiel, les Gabonais préfèrent garder leur VPN activé.

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