Ikobey, l’oublié de tsamba-magotsi, veut enfin capter le signal
Il faut quitter Fougamou, chef-lieu de Tsamba-Magotsi, et affronter des heures de piste défoncée pour atteindre Ikobey. Ce district du deuxième siège, niché au cœur de la Ngounié, vit à l’écart de tout. Avant d’y parvenir, la route traverse Evouta, puis Nioye 1 et Nioye 2, hameaux également appelés Gnonye ou Nyoye selon les cartes, situés aux portes de la zone.
Une fois sur place, dans les cantons Oumba et Dibwa, d’autres petites localités partagent la même réalité : Ebel, Divindé ou encore Epamboua, parfois noté Embamboa. Toutes reliées par des sentiers de terre, toutes coupées du signal.
Le district ne manque pas seulement d’Internet. Le réseau téléphonique fait également défaut. Pour émettre un appel, il faut gravir une colline ou parcourir des kilomètres à la recherche d’une barre de réseau. Prévenir une urgence médicale ou joindre des proches à Mouila ou Libreville relève de l’exploit.
Cette fracture numérique s’ajoute à une précarité plus large. L’électricité reste absente. Le soir, la lampe tempête remplace l’ampoule, sauf pour quelques foyers disposant d’un groupe électrogène. L’eau potable manque aussi. La population puise dans les rivières, avec des risques sanitaires évidents. L’absence de connexion ne représente qu’une facette d’un dénuement touchant tous les besoins primaires.
L’annonce du ministre de l’Économie Numérique, Mark Alexandre Doumba, le 23 octobre dernier, a suscité un espoir nouveau dans tout le bassin. En évoquant plus de 200 villages non connectés et en promettant pour les prochains mois l’arrivée d’opérateurs spatiaux comme Starlink et Eutelsat, l’autorité a enfin désigné une réalité vécue ici depuis longtemps.
Pour ce territoire enclavé, la solution venue du ciel semble la seule crédible. Fibre et pylônes furent jugés non rentables pour des hameaux de quelques dizaines d’âmes. Une parabole pourrait fonctionner là où aucune antenne classique n’a tenu.
Reste une condition essentielle. Sans courant stable pour alimenter les appareils, sans route praticable, sans revenu permettant de payer un kit et un abonnement, le signal satellitaire risque de survoler les toits sans entrer dans les foyers. L’enjeu ne consiste pas seulement à apporter Internet à cette partie de la Ngounié. L’enjeu consiste à apporter simultanément lumière, eau et dignité, afin que l’ensemble du secteur se connecte réellement.




