SOCIÉTÉ

Ngounié / Ogoulou : coupés du monde, Épamboa lance un cri de détresse face au black-out télécom

L’isolement numérique des zones rurales du Gabon relance avec acuité le débat sur la couverture télécom dans l’arrière-pays, en particulier au sein de localités comme Épamboa.

Situé au cœur du département de l’Ogoulou, circonscription de Mimongo, dans la province de la Ngounié, Épamboa et les villages environnants constituent un bassin de vie essentiel et un point d’ancrage majeur pour l’économie locale. Pourtant, depuis plusieurs semaines, les populations vivent un calvaire : la panne totale de l’émetteur.

« On ne peut plus appeler nos enfants, on ne peut plus faire Airtel Money pour acheter des médicaments. S’il y a une urgence la nuit, on est condamnés à mourir ici », se désole une mère de famille.

Un jeune commerçant renchérit : « Comment voulez-vous qu’on développe nos activités ? Sans réseau, pas de transaction, pas de client. On nous dit de vivre de la terre, mais on nous coupe du monde. »

Cette coupure brutale illustre une réalité quotidienne : la rupture du lien social, l’impossibilité de joindre les secours, et la paralysie de l’économie locale. Un paradoxe inacceptable dans une province riche de son potentiel agricole, forestier et de ses ressources naturelles, participant activement à la richesse nationale.

Dès lors, une question s’impose : Pourquoi les opérateurs mobiles négligent-ils l’arrière-pays producteur de richesses ?

Alors que les centres urbains bénéficient de la 4G et de la 5G, les zones rurales à l’exemple du département de l’Ogoulou sont maintenues avec des installations précaires, vulnérables à la moindre défaillance énergétique.

L’honorable Fabrice Désiré Mondendet Akoghe, venu constater de lui-même l’inopérabilité du transmetteur GSM © DR

Saisi par les populations, l’honorable député du 2e siège du département de l’Ogoulou, Fabrice Désiré Mondendet Akoghe, a effectué une descente sur le terrain, le vendredi 23 octobre 2026, avant de saisir officiellement le Directeur Général d’Airtel Gabon.

La réactivité a été au rendez-vous. Dès le lendemain, une équipe technique dépêchée sur place a établi son diagnostic : une défaillance du routeur de transmission, causée par l’instabilité de l’alimentation solaire et un sous-dimensionnement énergétique.

La solution est connue : remplacement de la pièce et renforcement complet du dispositif solaire. L’élu a assuré qu’il suivra rigoureusement le dossier jusqu’au rétablissement effectif du signal. Mais pour les habitants, il ne s’agit plus d’une simple réparation.

« Nous ne voulons pas d’un dépannage pour deux semaines. Nous voulons une installation digne, comme à Libreville. Nous aussi nous sommes des Gabonais », martèle un notable du village.

Au-delà d’Épamboa, c’est toute la problématique de l’équité territoriale qui est posée. L’accès au réseau mobile ne doit plus être un privilège urbain, mais un droit garanti pour toutes les populations faisant vivre la Nation.

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