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Sénégal : L’élection éclair d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale provoque la colère des opposants

Au Sénégal, l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale a provoqué une vague de mécontentement et une vive colère au sein des partis politiques de l’opposition. Ce mardi, l’ancien Premier ministre a effectué un retour marquant au premier plan institutionnel en étant élu par la majorité parlementaire du PASTEF.

Le scrutin s’est tenu à bulletin secret, conformément au règlement intérieur, et Sonko a obtenu cent trente-deux voix sur cent trente-trois suffrages exprimés, avec une seule abstention et aucun vote contre. Cependant, ce score quasi unanime est trompeur : les bancs de l’opposition étaient totalement vides. Les députés non alignés au pouvoir ont choisi de boycotter massivement la séance pour dénoncer ce qu’ils qualifient de manœuvre illégale, contestant vigoureusement le droit de l’ancien chef du gouvernement à réintégrer son siège de député.

Pour l’opposition, ce retour éclair apparaît comme une provocation politique, survenant quatre jours seulement après qu’Ousmane Sonko a été limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, le 22 mai 2026. L’ancien Premier ministre avait pourtant suspendu ses fonctions parlementaires après les législatives de novembre 2024 pour diriger le gouvernement. La démission orchestrée le 24 mai d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée qui reste simple député est perçue par les détracteurs du régime comme un arrangement politique interne destiné à recaser immédiatement le leader du PASTEF.

Devenue officiellement la deuxième personnalité de l’État, Ousmane Sonko s’installe au perchoir avec la responsabilité de conduire les travaux parlementaires, de superviser le Bureau et de piloter l’agenda législatif. Sa première prise de parole, où il a promis de gouverner « avec responsabilité et fermeté », n’a pas rassuré ses opposants. En lançant un avertissement clair à l’exécutif selon lequel « on ne fera pas du PASTEF sans PASTEF », le nouveau président de la chambre a confirmé son intention de peser lourdement sur la formation du prochain gouvernement, accentuant les craintes de l’opposition face à une concentration du pouvoir.

Cette séquence installe un climat de forte tension dans le paysage politique sénégalais. Le départ de Sonko de la Primature a déjà entraîné la nomination de l’économiste Ahmadou Al Aminou Lo pour lui succéder à la tête du gouvernement. En s’emparant des rênes du Parlement, Ousmane Sonko montre qu’il conserve une influence décisive sur la majorité, au grand dam d’une opposition qui subit cette recomposition accélérée. Ce début de quinzième législature s’ouvre ainsi sous le signe d’une rupture profonde entre le bloc au pouvoir et les partis d’opposition, un bras de fer institutionnel désormais suivi de très près à Dakar comme à l’international.

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