ENVIRONNEMENT

Fait Divers / Safari : Un riche vignoble californien décède écrasé par un éléphant du Gabon

Le monde de la grande chasse est en deuil, mais aussi en plein débat, après la disparition brutale d'Ernie Dosio. Ce riche propriétaire terrien de 75 ans, figure emblématique des vignobles californiens, a trouvé la mort le 17 avril 2026 dans les forêts denses du Gabon. Alors qu'il consacrait sa vie à traquer et à immortaliser la faune sauvage sous forme de trophées, c'est finalement la nature qui a eu le dernier mot dans un face-à-face d'une rare violence.

L’expédition, dont le coût est estimé à environ 34 000 euros, visait initialement une proie plus modeste que les mastodontes qu’il avait l’habitude de cibler : un céphalophe à dos jaune. Accompagné d’un guide professionnel, le septuagénaire s’était enfoncé dans l’épaisse végétation de l’Afrique centrale, loin de son domaine de Modesto, pour ajouter une nouvelle pièce à sa collection déjà vertigineuse. Le drame s’est noué lorsque le duo de chasseurs s’est retrouvé inopinément face à un groupe de cinq éléphantes accompagnées d’un petit.

Dans le règne animal, peu de situations sont aussi périlleuses que celle-ci. Se sentant menacées, les femelles ont chargé pour protéger leur progéniture. Si le chasseur professionnel, équipé d’un armement lourd, a survécu malgré des blessures critiques après avoir été projeté au sol, Ernie Dosio n’a eu aucune chance. Armé d’un fusil de chasse inadapté à une telle confrontation, le vigneron a été écrasé à mort par les pachydermes. Une éléphante d’Afrique, pouvant peser jusqu’à quatre tonnes et mesurer près de 3,65 mètres au garrot, déploie une force dévastatrice face à laquelle l’homme reste impuissant.

La mort a été instantanée, marquant la fin tragique d’un homme ayant pourtant passé des décennies à observer et traquer ces mêmes créatures. Il n’était pas qu’un simple amateur de safaris mais aussi une figure polarisante, respectée par les uns comme un défenseur de la nature et critiquée par les autres pour sa vision de la conservation. À la tête d’un vignoble colossal de près de 5 000 hectares près de San Francisco, ce dernier utilisait sa fortune pour soutenir de nombreuses causes. Membre influent de l’organisation des Elks, il était reconnu pour sa générosité envers les anciens combattants et les enfants défavorisés.

« Ernie avait toujours la main à la poche et aidait ceux qui en avaient besoin », témoigne un responsable local, rappelant que l’homme organisait souvent des réceptions caritatives au sein même de sa célèbre salle des trophées. C’est dans cette pièce monumentale qu’il exposait des centaines de restes d’animaux empaillés : lions, rhinocéros, léopards et cerfs, accumulés au fil de ses voyages. Pour ses pairs, ces chasses étaient perçues comme des outils de régulation nécessaires, financés à prix d’or pour soutenir les programmes de préservation locaux. Tandis que du côté de ses détracteurs, sa mort souligne le paradoxe sanglant d’une « protection » de l’environnement passant par le viseur d’un fusil.

Cet incident n’est pas un cas isolé dans le paysage récent des safaris de luxe. En août 2025, un autre millionnaire américain, Asher Watkins, avait perdu la vie dans des circonstances similaires en Afrique du Sud, tué par un buffle qu’il traquait. Ces événements rappellent que, malgré l’encadrement strict et la technologie moderne, la chasse au gros gibier demeure une activité où le risque zéro n’existe pas. Ce décès relance le débat sur la sécurité et l’éthique de ces pratiques en Afrique subsaharienne. Alors que le Gabon reste l’un des derniers sanctuaires pour de nombreuses espèces menacées, cet incident tragique vient rappeler la puissance brute de la faune sauvage lorsqu’elle se sent acculée, transformant le chasseur, en un instant, en proie.

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