Manœuvre de démantèlement : Les comparaisons chocs de Nguimbi Idyatha pour « dégonfler » la grève de la faim des ressortissants de l’Ogoulou-Mimongo
La Place de l'Indépendance à Libreville a été récemment le théâtre d'une scène d'anthologie ayant pu s'intituler « Comment garder son calme quand on a l'estomac dans les talons face à une cravate impeccable ». Le député du 1er siège de l’Ogoulou, Pacôme Nguimbi Idyatha, est apparu sur les lieux, tiré à quatre épingles, pour expliquer aux grévistes de la faim que, franchement, sauter des repas n’était pas la stratégie marketing la plus efficace de la décennie.
Pour convaincre ses administrés de lâcher leurs pancartes et de reprendre un peu de bouillon, l’honorable a sorti sa meilleure archive historique : le cas Bruno Ben Moubamba. Selon le député, faire la grève de la faim, c’est l’assurance de devenir une star des réseaux sociaux, de se forger un « gros nom » légendaire, mais de finir avec le même résultat qu’un candidat qui aurait oublié de s’inscrire sur les listes électorales. En gros, le message était limpide : « Regardez Ben Moubamba en 2009, il a eu la gloire, il a eu le buzz, mais il n’a jamais eu les clés du palais. » Une analyse ayant sans doute beaucoup touché les grévistes, dont le but premier n’est pourtant pas de faire la couverture de People Magazine mais d’avoir enfin des routes praticables dans l’Ogoulou.
Face au désespoir de ceux ne demandant qu’un regard du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le député a proposé une alternative digne d’un séminaire de management : la « démarche administrative harmonisée ». Imaginez la scène. Les gens ont faim, ils sont fatigués de voir leurs villages oubliés par tous les pouvoirs successifs, et on leur propose d’aller « cogner ensemble aux portes » pour déposer des dossiers. C’est bien connu, au Gabon, rien ne remplit mieux l’estomac et n’amène plus vite le goudron qu’une lettre bien timbrée avec trois exemplaires en copie carbone. Pour l’élu, il vaut mieux harmoniser les courriers que de laisser les estomacs protester en solo.
Malheureusement pour l’élégant visiteur, la sauce n’a pas pris. Wilfrid Kombe Nzengui et ses frères de lutte semblent avoir développé une allergie sévère aux discours politiques formatés. Pour eux, le temps où l’on se laissait bercer par des promesses de « concertations futures » est aussi révolu que le règne de ceux qu’ils accusent d’avoir échoué à défendre l’Ogoulou. Le passage de Pacôme Nguimbi Idyatha a été jugé aussi nutritif qu’un plat de vent. Les grévistes, peu impressionnés par le costume de l’élu, ont poliment (ou presque) décliné l’offre de transformer leur mouvement en club de lecture administrative.
Étant entendu que le 1er siège n’a pas réussi à convaincre la foule de passer à table, tous les espoirs reposent désormais sur le collègue du 2e siège, Fabrice Désiré Mondendet Akoghet. On espère que ce dernier ne viendra pas avec un dictionnaire de droit administratif sous le bras, mais plutôt avec des solutions concrètes qui « prennent corps » avec la réalité du terrain.
En attendant, la Place de l’Indépendance reste le symbole d’un dialogue de sourds : d’un côté, des populations criant leur détresse par le silence de leur faim, et de l’autre, une classe politique qui semble penser qu’un bon formulaire peut remplacer un pont ou un dispensaire. L’Ogoulou attend toujours que le « regard particulier » du Président se pose enfin sur elle, loin des calculs de notoriété à la Ben Moubamba.




