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Crise à la FEGAFOOT : La FIFA et la CAF en mission de sauvetage du football gabonais

Le climat est électrique dans les couloirs du football gabonais depuis que le Ministère des Sports a décidé de suspendre le processus électoral de la Fédération Gabonaise de Football. Face à ce qui ressemble à un blocage institutionnel, la FIFA et la CAF ont immédiatement réagi en dépêchant une délégation de haut vol à Libreville. Arrivés ce samedi 18 avril 2026, ces experts internationaux séjourneront dans la capitale jusqu'au 21 avril avec une mission précise : démêler le vrai du faux dans cette crise qui menace l'avenir du sport roi au pays.

Cette délégation n’est pas venue pour faire du tourisme. Elle rassemble des figures clés de la gouvernance mondiale, notamment Célestin Yanindji, président de la Fédération centrafricaine et membre influent de la FIFA, ainsi qu’Emilie Christine Doms et Ahmed Harraz, tous deux piliers des services de gouvernance de l’instance internationale. Ils sont accompagnés de Nadim Magdy Maurice Kamel, expert juridique de la CAF. Leur agenda est particulièrement dense puisqu’ils doivent s’entretenir avec Pierre Alain Mounguengui, président de la FEGAFOOT, avant de confronter les points de vue de la Commission Électorale et du Ministre des Sports.

L’enjeu de cette visite est de déterminer si l’État a outrepassé ses droits. Dans le monde du football, toute intervention gouvernementale dans une élection est perçue comme une ligne rouge franchie, déclenchant souvent l’artillerie lourde de la FIFA. Trois issues majeures se dessinent désormais pour le Gabon. La première serait une validation du report si les experts estiment que le fichier électoral est effectivement frauduleux, permettant ainsi une bouffée d’oxygène. La deuxième, beaucoup plus sombre, verrait la FIFA prononcer une suspension immédiate du pays pour ingérence. Dans ce cas, le drame serait total : plus de Coupe d’Afrique, plus de qualifications pour le Mondial et une perte de plus d’un milliard de francs CFA en fonds de développement. Cela dit, la FIFA pourrait opter pour la mise en place d’un Comité de normalisation, remettant les compteurs à zéro pour une période de six mois.

Sur le fond, la position du Ministère des Sports s’appuie sur la loi 09/2019. Si le fichier électoral est réellement truffé de « clubs fantômes« , l’intervention pour assainir le scrutin est légitime. Cependant, sur la forme, décider d’une suspension à seulement dix jours du vote sans en informer préalablement la FIFA revient à tendre le bâton pour se faire battre. L’indépendance de la fédération est une règle d’or, mais elle ne doit en aucun cas servir de paravent à l’impunité.

En fin de compte, ce ne sont ni les politiciens ni les dirigeants fédéraux qui paieront le prix d’une éventuelle sanction, mais bien les jeunes talents gabonais qui rêvent de compétitions internationales et les clubs engagés sur la scène africaine. Pour sauver le football national, il faudra plus que des communiqués de presse : il faudra poser les preuves de la fraude sur la table, avec des faits et des procès-verbaux indiscutables. Car au-delà des querelles de pouvoir, seule la vérité pourra restaurer la sérénité du terrain.

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