POLITIQUE

Représentativité féminine à la mairie de Libreville : Le coup de gueule cinglant de l’honorable Justine Judith Lekogo

L’installation du nouveau conseil municipal de Libreville, censé être un moment de célébration démocratique, a rapidement pris une tournure polémique. Au cœur de cette indignation : l'honorable Justine Judith Lekogo. La députée, connue pour son franc-parler et son engagement de longue date, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « honte » pour la capitale gabonaise en 2026.

Le constat est sans appel et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur l’ensemble de l’exécutif municipal composé du maire central et de ses six adjoints une seule femme a été installée. Pour elle, ce déséquilibre flagrant ne peut être interprété comme un simple concours de circonstances ou un oubli administratif.

« En 2026, c’est inacceptable. Ce n’est pas un oubli, c’est un choix. Et ce choix montre clairement que la femme est encore mise de côté », a-t-elle déclaré.

Cette situation soulève une question fondamentale sur la place accordée aux femmes dans les instances de décision au Gabon. Alors que les discours officiels prônent régulièrement l’égalité des chances et l’émancipation politique des femmes, la réalité du terrain à l’hôtel de ville de Libreville semble raconter une tout autre histoire : celle d’une marginalisation persistante.

Si sa sortie résonne avec autant de force, c’est parce qu’elle s’appuie sur une légitimité acquise de longue date. Membre active de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), elle rappelle que son combat pour la justice sociale ne date pas de son élection à l’Assemblée nationale.

Avant d’arborer l’écharpe de députée, elle s’est forgée une solide réputation en tant qu’ancienne Ministre déléguée de l’Économie et des Finances, actrice de la société civile, économiste, entrepreneure. Son parcours est jalonné de luttes pour l’égalité, faisant d’elle une sentinelle attentive aux dérives patriarcales de la classe politique. Selon ses écrits, se taire aujourd’hui reviendrait à trahir les causes qu’elle a portées tout au long de sa carrière.

Au-delà de la composition du bureau municipal, l’honorable Lekogo s’inquiète du signal envoyé à la société gabonaise, et plus particulièrement aux jeunes femmes aspirant à servir leur pays. En verrouillant l’accès aux postes de décision, les décideurs politiques envoient un message de fermeture et d’exclusion.

Cette derrière pointe du doigt une incohérence majeure entre les promesses de campagne et les actes concrets : L’absence de volonté politique ; Malgré les cadres légaux et les discours, la volonté de partager le pouvoir reste quasi inexistante. La marginalisation systématique ; Les femmes sont souvent reléguées à des rôles de figuration ou de soutien, loin du cercle restreint où se prennent les décisions structurelles pour la commune.

Ce « non » est un appel à la rupture. Elle exige que l’engagement pour la cause des femmes sorte enfin du carcan des discours de circonstance pour devenir une réalité institutionnelle. Alors que Libreville doit relever de nombreux défis de modernisation et de gestion urbaine, la députée rappelle que la capitale ne pourra se construire durablement en se privant de la compétence et de la vision de la moitié de sa population. Pour l’élue, le temps des promesses est révolu ; l’heure est à la cohérence entre les paroles et les actes.

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