Régulation de la sécurité privée : l’État gabonais passe au crible 93 dossiers d’opérateurs
Le ministère de l’Intérieur vient de lancer à Libreville une vaste opération de reprise en main et de clarification d’un secteur de la sécurité privée longtemps resté en marge d’un contrôle strict.
Le mardi 23 juin 2026, le secrétaire général du ministère, Malcon Djenno Ngomanda, a officiellement ouvert les travaux d’une commission spéciale dont la mission administrative porte une forte charge politique. Durant deux jours, cette instance examine minutieusement un total de 93 dossiers de demandes d’autorisation d’exercer, une étape cruciale pour séparer les opérateurs en règle de ceux qui évoluent dans l’illégalité.
L’examen de ces 93 dossiers reflète la diversité d’un marché en pleine expansion, englobant aussi bien des entreprises sans armement que des sociétés de gardiennage dotées d’armes non létales ou des fournisseurs de matériel technologique. À travers ce grand nettoyage réglementaire, le gouvernement réaffirme avec force sa doctrine sécuritaire : les structures privées ne doivent en aucun cas se substituer aux forces de l’ordre républicaines. Leur rôle reste strictement complémentaire et subordonné à l’autorité de l’État, lequel entend bien tracer une ligne rouge infranchissable en matière de souveraineté.
Au-delà de la stricte conformité juridique, cette commission se penche également sur le volet social d’un secteur souvent pointé du doigt pour la précarité de ses employés. Les autorités gabonaises ambitionnent d’imposer de nouveaux standards minimaux pour protéger les agents de sécurité et assainir leurs conditions de travail. Cette reprise en main globale s’inscrit dans la vision économique du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, visant à sortir définitivement ces activités de l’informel pour bâtir un cadre stable, professionnel et digne des exigences de la Vᵉ République.




