SOCIÉTÉ

Ogoulou, l’irrésistible eldorado : La folle ruée vers l’or d’Eteke stoppée net par l’opération EKOURA

Le sous-sol du 2ème siège du département de l’Ogoulou continue d’attiser les convoitises les plus folles, au mépris total des lois de la République.

Du 15 au 19 juin 2026, le site minier de Punga, situé dans le district aurifère d’Eteke, a été récemment le théâtre d’une offensive d’envergure baptisée opération « EKOURA ». Menée d’une main de fer par les Forces de Défense et de Sécurité, avec l’appui technique du ministère des Mines, cette mission s’est soldée par le démantèlement complet d’un réseau clandestin de grande ampleur.

L’immense attractivité aurifère d’Eteke, véritable poumon d’or du Gabon, a fini par structurer une filière illégale aux ramifications internationales saisissantes. Preuve de ce pouvoir d’aimantation dépassant largement nos frontières, les autorités ont mis la main sur 55 individus sur le site. Le profil des personnes arrêtées en dit long sur la mondialisation de ce trafic : 28 ressortissants chinois, 21 Gabonais, 3 Ghanéens, 2 Camerounais et un Burkinabè s’activaient ensemble pour piller les ressources.

Sur le terrain, les forces de l’ordre ont rapidement constaté que l’orpaillage traditionnel avait laissé place à une logistique lourde et industrielle. Un important arsenal technique et militaire a été saisi, comprenant 9 véhicules de liaison, des engins lourds de chantier, ainsi que des armes à feu. Pour parfaire le circuit, les trafiquants disposaient de balances de précision et de moules à lingots, un équipement de pointe qui leur permettait de fondre directement sur place les 480 grammes d’or brut également saisis lors de l’assaut.

Au-delà du colossal préjudice financier infligé aux caisses de l’État, ce pillage à ciel ouvert laisse derrière lui un bilan écologique dramatique. La ruée vers l’or s’est faite au prix d’une déforestation massive, d’un bouleversement profond des sols et d’une pollution alarmante des cours d’eau de la région, menaçant la biodiversité locale et la santé des populations environnantes.

En coupant les circuits de la mafia, les pouvoirs publics gabonais envoient un signal fort et sans ambiguïté. Cette opération marque une nouvelle étape dans la volonté de l’État de sanctuariser ses ressources minières nationales, d’intensifier la surveillance du territoire et d’exiger, désormais, une exploitation transparente, légale et durable des richesses du pays.

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