Le pari industriel du Gabon : un plan de 27 000 milliards FCFA pour transformer l’économie
Les Rencontres de l’industrie au Gabon se sont ouvertes, le mardi 23 juin 2026, à la Chambre de commerce de Libreville, marquant le coup d’envoi d’une ambition économique majeure pour le pays. Présidé par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, cet événement de quatre jours rassemble des autorités publiques, des industriels et des partenaires internationaux, notamment européens, autour d’un objectif commun : faire de l’industrialisation le moteur de la croissance gabonaise à l’horizon 2030.

Au-delà des simples discussions, ce rendez-vous concrétise la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030). Cette feuille de route économique repose sur un pari financier et industriel colossal, avec un volume global d’investissements estimé à 27 000 milliards de francs CFA. Preuve de la priorité accordée à ce secteur, une enveloppe massive de 18 000 milliards de francs CFA sera spécifiquement allouée à la modernisation et au développement de l’appareil industriel national.
Pour le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, la stratégie du Gabon doit opérer une rupture claire avec le passé. L’enjeu n’est plus seulement d’extraire et d’exporter des matières premières brutes, mais de devenir un pays transformateur. Les sessions B2B organisées durant ces rencontres visent précisément à lier les investisseurs étrangers aux opérateurs locaux pour capter davantage de valeur ajoutée et créer des emplois qualifiés sur le territoire national.
Cette volonté de souveraineté économique cible en priorité des secteurs stratégiques tels que le bois, les mines, l’agriculture, la pêche, l’énergie et les matériaux de construction. L’ambition suscite un vif intérêt à l’international, comme l’a souligné l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, tout en rappelant que le marché gabonais évolue désormais dans un contexte de concurrence accrue où plusieurs blocs économiques tentent de se positionner. En ouvrant ces travaux, le Gabon réaffirme sa trajectoire vers un modèle économique diversifié, résilient et résolument tourné vers l’avenir.




