Alibandeng : Faut-il absolument perturber la circulation pour avoir de l’eau ?
Lundi 7 septembre, jour de rentrée des classes, les habitants d’Alibandeng dans le 1er arrondissement de Libreville n’ont pas accompagné leurs enfants à l’école. Ils étaient au Carrefour la Pompe, bonbonnes vides alignées et pancartes levées. Leur question revient comme une rengaine : « Faut-il manifester pour avoir de l’eau chez soi ? »
Depuis des mois, voir des années, le robinet est capricieux. Un à deux jours d’eau par semaine pour les plus chanceux. Rien du tout pour d’autres. Alors en ce début de rentrée, l’exaspération a pris le dessus.« On veut de l’eau ! Alibandeng veut de l’eau ! », lançait Brice devant les caméras. Sur sa pancarte : « On veut de l’eau à Alibandeng dans toutes les maisons ». Au dos, une ironie : « Non à la poussée d’Archimède ». Il s’en est pris directement au président : « Monsieur le président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, intervenez. Vous êtes le père de la Nation ».
Derrière les slogans, le quotidien est rude. Quand l’eau revient, c’est la course aux bidons. On stocke pour tenir. Jeanne n’en peut plus : « Nous ne voulons plus l’eau des puits ou celle des forages, qui nous rendent malades ; et nous n’avons pas d’argent pour nous faire livrer de l’eau ». Cuisiner, se laver, envoyer les enfants à l’école propres devient un parcours du combattant.
Le problème déborde même sur le logement. « Les locataires quittent nos maisons parce qu’il n’y a pas d’eau dans les robinets. Nos maisons sont vides depuis des mois », déplore Annette.
Et le comble, disent-ils, se trouve « derrière le Grand Collège ». Là, une plaque d’égout laisse couler de l’eau en continu depuis des mois, pendant que tout le quartier est à sec. « C’est pourtant de l’eau qui aurait pu servir aux populations de ce quartier », peste un riverain accusant la SEEG de lenteur.
Alors la question reste en suspens : pourquoi faut-il toujours descendre dans la rue, brandir des pancartes pour qu’on s’occupe d’un besoin aussi basique que l’eau potable ? Les habitants n’attendent pas de promesse. Ils attendent que l’eau coule, régulièrement, dans toutes les maisons. Et que la SEEG répare enfin cette fuite qui nargue leur soif.




