Les Nations Unies décrètent le 27 novembre Journée Internationale pour l’Élimination du Mariage des Enfants, Précoce et Forcé
Une avancée historique portée par la Première Dame de Sierra Leone Dr Fatima Maada Bio et par Bhuwan Ribhu de Just Rights for Children.
New York, 4 septembre 2026. À la clôture de sa session, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté ce jeudi une résolution qualifiée d’historique en proclamant le 27 novembre de chaque année Journée Internationale pour l’Élimination du Mariage des Enfants, Précoce et Forcé.
L’objectif est clair : accélérer l’atteinte des Objectifs de Développement Durable en offrant au monde un rendez-vous annuel pour mobiliser gouvernements, société civile et communautés autour de la santé, de l’éducation et de la protection des enfants, avec une attention particulière pour les filles.
Cette décision intervient après plusieurs mois de plaidoyer intense. L’idée d’une journée dédiée a été portée pour la première fois par Bhuwan Ribhu, fondateur du réseau international Just Rights for Children. Devant la Commission de la Condition de la Femme en mars 2026, il avait insisté sur la nécessité d’un signal fort : « Cette Journée Internationale servira de rappel mondial de la nécessité d’une responsabilité collective et d’une action unifiée des gouvernements, de la société civile, des chefs religieux, des écoles, des communautés et des enfants ». L’initiative a ensuite trouvé un relais politique de premier plan en la personne de S.E. Dr Fatima Maada Bio, Première Dame de la République de Sierra Leone et Présidente de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement, OAFLAD. C’est sous son impulsion que le texte a été défendu et largement porté au sein de la communauté internationale.
Le vote des 193 États membres marque plus qu’une date dans le calendrier onusien. Pour les défenseurs des droits de l’enfant, il consacre aussi une évolution juridique et morale : le mariage des enfants est désormais reconnu de plus en plus ouvertement comme un crime et une forme d’abus sexuel sur mineur. Le Gabon figure parmi les co-parrains de la résolution, un engagement qui réaffirme la volonté de Libreville de s’aligner sur les efforts mondiaux pour éradiquer cette pratique.

Réagissant immédiatement après l’adoption, Dr Fatima Maada Bio a salué l’aboutissement d’un combat de plusieurs années. « Aujourd’hui, le monde s’est exprimé d’une seule voix : le mariage des enfants, précoce et forcé, n’a pas sa place dans nos sociétés. Cette résolution est bien plus que symbolique, c’est un mandat mondial pour l’action. En tant que mères, dirigeantes et défenseures, nous avons le devoir de veiller à ce que chaque fille soit libre de rêver, d’apprendre et de s’épanouir, sans être entravée par les chaînes d’une union forcée. La Sierra Leone est fière d’être à l’avant-garde de ce mouvement, et nous attendons avec espoir les progrès concrets que cette journée inspirera. »
Présent lui aussi dans l’hémicycle new-yorkais, Bhuwan Ribhu a parlé d’un tournant. « Aujourd’hui marque le point de bascule montrant que la fin du crime du mariage des enfants est inévitable et imminente. Le moment est venu pour les gouvernements de faire preuve d’un leadership décisif afin d’éliminer le mariage des enfants d’ici 2030 et de garantir l’éducation, la protection et le développement de chaque enfant afin qu’il réalise pleinement son potentiel. » Il a ensuite tenu à exprimer sa gratitude : « Je suis reconnaissant envers la Première Dame de Sierra Leone pour son leadership mondial dans la défense de cette cause, et je tiens également à remercier tous les pays qui ont co-parrainé notre résolution. »
Avec cette nouvelle journée internationale, les Nations Unies donnent aux États et aux organisations un cadre pour mesurer les progrès, partager les bonnes pratiques et maintenir la pression jusqu’en 2030, échéance fixée pour l’élimination du mariage des enfants. Pour Just Rights for Children, qui revendique déjà plus de 550 000 mariages d’enfants empêchés depuis 2023, et pour l’OAFLAD, cette résolution ouvre la voie à une mobilisation plus structurée et plus visible à l’échelle planétaire.




