SOCIÉTÉ

1,9 milliard versé à Suez : L’eau va-t-elle enfin couler à flot dans les robinets gabonais ?

Le gouvernement gabonais passe enfin de la parole aux actes pour tenter de résoudre la crise de l’eau paralysant le Grand Libreville. Le 11 mai 2026, un premier versement de 1,9 milliard de FCFA a été effectué au profit de la multinationale française Suez, via le Trésor public et la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Ce paiement concrétise l’accord d’assistance technique signé en janvier 2026 et marque le coup d’envoi officiel du plan d’urgence tant attendu par les usagers de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).

Ce virement de près de deux milliards de FCFA va-t-il véritablement ramener l’eau en abondance dans les robinets ? Si l’enthousiasme est permis, la prudence reste de mise. Cette somme n’est qu’un premier jalon financier destiné à amorcer des travaux d’urgence. Elle vise d’abord à soigner les symptômes les plus critiques d’un réseau malade, mais ne résoudra pas par magie, et du jour au lendemain, des décennies de déficit infrastructurel.

L’accès universel et continu à l’eau potable reste un objectif de longue haleine, et ce premier versement est un point de départ plutôt qu’une solution finale. Concrètement, cette première enveloppe doit permettre à Suez Gabon de lancer immédiatement des interventions lourdes sur le réseau de distribution. L’urgence absolue se focalise sur les conduites stratégiques reliant la station de production de Ntoum à la capitale. Ce tronçon névralgique, fortement dégradé par les années, subit de gigantesques fuites privant quotidiennement de nombreux quartiers d’un approvisionnement normal.

L’objectif immédiat de Suez et de la SEEG n’est donc pas encore d’augmenter massivement la production, mais plutôt de sécuriser le transport de l’eau existante, de colmater les fuites entre les centres de traitement et les réservoirs, et de stabiliser la pression dans toute la ville. Cette transaction est le fruit d’un feuilleton datant depuis plus d’un an. Les bases de cette collaboration avaient été jetées le 7 avril 2025 par la signature d’un accord stratégique initial, avant que la feuille de route finale ne soit validée au début de l’année 2026.

En passant de la phase administrative aux réalités du terrain, les autorités gabonaises espèrent restaurer au moins un service minimum et régulier pour des centaines de milliers d’habitants. Reste à savoir si le rythme des travaux sur le terrain saura calmer la forte pression sociale entourant ce dossier vital.

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