« Ne me raconte pas des histoires » : Quand OLIGUI NGUEMA siffle la fin de la récré pour Erichk MAURO NGUEMA
Le chronomètre de la Ve République s’emballe, et pour l’architecte Erichk Mauro NGUEMA, les 45 prochains jours s’annoncent plus étouffants que la saison des pluies à Akébé-Ville. Porté en triomphe au début de la Transition pour avoir vendu un projet « trop ambitieux » au président Brice Clotaire Oligui Nguema, le patron du cabinet AM&T fait aujourd’hui face au principe de réalité. Et à Libreville, la réalité a désormais un accent militaire et un calendrier d’acier.
Il faut dire que l’ancien président de l’Ordre Gabonais des Architectes avait mis les petits plats dans les grands. Un monument majestueux en hommage à Georges Damas Aleka, l’auteur de La Concorde, idéalement situé face à la place de l’Indépendance. Le pitch était parfait, le sang bleu politique du concepteur fils du célèbre opposant Adrien NGUEMA MBA plaidait pour lui, et le pouvoir a sorti le chéquier. Sauf que le chef-d’œuvre annoncé a vite pris des airs de déjà-vu, de mauvaises langues y décelant une pâle copie d’un ouvrage dakarois. Un comble pour le génie local, mais là n’est plus le problème.
Le véritable handicap, c’est que le chantier est à l’arrêt depuis des mois. Après une première convocation mémorable au Palais Rénovation, le couperet est tombé cette semaine lors d’une inspection présidentielle improvisée. Face aux excuses de l’architecte, le chef de l’État a tranché, caméras branchées, en des termes qui ne laissent aucune place au doute :
« Tout ce que tu as expliqué là, je t’ai compris, je t’ai dit que je veux que ce soit fini le 17 Août. À partir du 16, je viens faire une dernière visite, et je veux trouver tout ça déposé. Ne me raconte pas des histoires, vois avec tes amis de Dubaï, ceux qui ont mangé ton argent, avec qui tu as travaillés, on t’a tout payé, tu me finis les travaux. »
Si les conséquences d’un échec au matin du 16 août risquent d’être d’un tout autre ordre pour Erichk Mauro Nguema, certains observateurs sur la toile font preuve d’un optimisme presque poétique. Un contemporain a en effet réagi à cette humiliation publique en y décelant une occasion en or :
« Je vois derrière cette scène un homme, un père, à qui l’on offre une véritable mise en lumière. S’il parvient à transformer cette difficulté en opportunité, le Président lui donne une occasion en or d’entrer dans l’histoire. Le projet qu’il dirige est hautement symbolique. S’il réussit ce pari, il pourra marquer les esprits pour l’éternité : il deviendra celui qui a relevé un défi immense face à la nation gabonaise, en terminant ce bâtiment sous le regard attentif du monde entier. Je suis convaincu qu’il sera salué comme un héros à l’issue de ce chapitre, le 17 août prochain. »
Pour ce même internaute, les solutions pour éviter la disgrâce tiennent en quatre commandements : renforcer les équipes en 3×8, ne plus attendre le fameux bateau bloqué dans le détroit d’Ormuz pour privilégier les matériaux locaux, appeler la sous-traitance chinoise à la rescousse et courir dans une banque pour obtenir un prêt. « Bon courage à lui, c’est une chance unique qu’il ne doit absolument pas laisser passer ! », conclut-il.

Reste à savoir si l’architecte saura troquer son costume de bâtisseur en retard contre celui de héros national. Car si les grues ne tournent pas jour et nuit, il pourrait bien échanger la postérité contre le grand écran de la disgrâce publique. Finis les récits de voyage et les excuses logistiques : le 16 août, la visite présidentielle ne sera pas une affaire d’esthétique architecturale, mais un grand moment de reddition de comptes. Et à ce jeu-là, le Président n’aime pas les chantiers inachevés.




