RGPL 2025 : Zolendè et Ikobey, ces « oubliés » du Gabon profond, seront-ils enfin reconnus par l’État ?
Le Recensement Général de la Population et des Logements (RGPL) représente un tournant historique pour la planification du développement au Gabon. Cependant, une question cruciale demeure sur toutes les lèvres : la Direction Générale de la Statistique (DGS) parviendra-t-elle à briser l’isolement des zones les plus reculées pour n’oublier aucun citoyen ?

Pour cette édition 2025, la Direction Générale de la Statistique se retrouve face à une obligation de résultats sans précédent. L’enjeu est clair : il n’y a plus de place pour l’erreur. L’institution a la lourde mission de recenser chaque individu, y compris ceux vivant dans les zones d’accès complexe où la géographie semble parfois défier l’administration. Qu’ils résident dans les centres urbains ou dans les hameaux les plus isolés, chaque habitant doit être intégré dans la banque de données de l’État.
La véritable épreuve de force pour les agents recenseurs se jouera dans des localités comme Zolendè, Mimongo ou Ikobey. Ces zones, symboles de l’enclavement, sont souvent les oubliées des grands rendez-vous nationaux à cause de l’état des pistes ou de la complexité des voies fluviales.
Pourtant, pour le ministère de la Planification, l’inclusion est le mot d’ordre. L’objectif est qu’absolument personne ne soit omis, qu’il soit de nationalité gabonaise ou ressortissant étranger. L’État a besoin de connaître la réalité humaine de chaque kilomètre carré de son territoire pour mieux orienter ses politiques publiques.
L’issue de cette enquête est attendue avec une grande impatience par les observateurs et les décideurs. Les projections actuelles montrent une évolution significative de la démographie nationale. Alors que la population était dénombrée à environ 2,17 millions en 2021, les prévisions pour 2024 et 2025 indiquent une progression constante, tablant sur 2,54 millions, voire 2,59 millions d’habitants d’ici la fin de l’année.
Ce recensement est donc l’outil unique permettant de confirmer ou d’affiner ces chiffres, oscillant aujourd’hui entre 2,5 et 2,6 millions selon les sources. Disposer de données fiables est essentiel pour construire des hôpitaux, des écoles et des infrastructures là où le besoin est le plus criant, particulièrement dans ces zones reculées qui attendent depuis trop longtemps un signal fort de l’État.
Au-delà des chiffres, le succès dans les coins et recoins du pays est une question de dignité citoyenne. Être recensé, c’est exister aux yeux de l’État. La DGS joue ici sa crédibilité : elle doit prouver que la logistique et la détermination des agents sur le terrain sont à la hauteur des ambitions de la 5e République.
Le temps des estimations approximatives doit laisser place à une cartographie humaine précise, où de telles bourgades occupent la place leur revenant de droit.




