Gabon : Une campagne Présidentielle Morose et Anémique
Nous pouvons sans risque de nous tromper affirmer que pour la première fois de l’histoire du Gabon, la scène politique se présente sous un jour déplorable.

L’élection présidentielle de 2025, prévue être un moment d’effervescence et de choix démocratique pour le peuple gabonais, se transforme tristement en une farce ennuyeuse. L’engouement habituel des campagnes électorales est inexistant. Les rues, habituellement animées par les affiches colorées des candidats, sont désespérément vides.
En effet, le désintérêt palpable de la population traduit une profonde désillusion vis-à-vis du processus électoral actuel. À Libreville, la capitale, comme dans les communes environnantes telles qu’Owendo, Akanda, et même à Ntoum, l’absence d’affiches et de banderoles est frappante.
Ce n’est qu’à compter du lundi dernier après le lancement de la campagne que les premières affiches de Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de transition, ont commencé à faire leur apparition. Un tel retard dans le déploiement visuel soulève des interrogations légitimes sur la crédibilité de cette élection et la capacité du candidat à mettre les moyens qu’il faut.
La situation est d’autant plus préoccupante pour les sept autres candidats, dont l’absence de visibilité semble les plonger dans l’oubli. Selon certaines indiscrétions, ils manqueraient de ressources financières suffisantes pour investir dans une opération de charme digne de ce nom.
En dehors de quelques rassemblements modestes, il n’y a guère d’initiatives notables pour stimuler l’intérêt électoral. La plupart d’entre eux donnent l’impression d’être dépassés par les événements, comme s’ils étaient figés dans l’attente d’un improbable retournement de situation.
Néanmoins, Stéphane Germain Iloko BOUSSENGUI, ex Conseiller du Distingué camarade président et porte-parole du Parti Démocratique Gabonais (PDG), se démarque. À la tête du mouvement « Large Rassemblement Arc-en-Ciel », il est le seul à avoir réussi à organiser deux grands rassemblements, attirant un nombre respectable de partisans en plus de sa tournée nationale. Cette dynamique, bien que formidable par rapport à ses concurrents, reste faible au regard de l’importance d’une telle échéance.
Les autres, tels qu’Alain-Claude Billie-By-Nze, ancien premier ministre sous Ali Bongo, Joseph Lapensée Essingone, juriste et inspecteur des impôts, ou encore Thierry Yvon Michel Ngoma, semblent peiner à sortir de l’ombre. La liste ne s’arrête pas là, il y a également Axel Stophène Ibinga Ibinga, patron de la société d’investissement Ax Capital Investment Gabon et Alain Simplice Boungoueres, nommé récemment Secrétaire général au ministère de l’Industrie.
Enfin, Zenaba Gninga Chaning, la seule femme dans la course heurtée elle aussi à des écueils bien réels dans sa quête de visibilité. Cela ressemble davantage à une illustration d’impuissance et d’improvisation qu’à un véritable engagement.
La tristesse ambiante, l’absence de compétition réelle, et le sentiment de résignation qui prédominent éveillent des craintes pour l’avenir. S’impose alors la question : quelle ambition ont réellement les acteurs politiques au Gabon ? Cette élection, au lieu d’être une célébration de la volonté populaire, se révèle être un triste constat d’échec collectif, tant sur le plan des candidats que sur celui de l’électorat, dont l’indifférence témoigne d’une profonde crise de confiance.
Les Gabonais méritent une voix, un choix, et une campagne électorale qui s’élèvent à la hauteur des enjeux sociopolitiques de leur pays.