POLITIQUE

Virginité politique ratée : La popularité de l’UDB minée par les anciens barons du PDG

La scène politique Gabonaise a été secouée par une vague de transfuges stratégiques du Parti Démocratique Gabonais (PDG) vers l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). Si ces ralliements ont été présentés comme un renforcement, ils soulèvent en réalité un péril majeur : celui du rejet populaire massif.

En intégrant d’anciens barons du PDG, souvent perçus comme les architectes du chaos actuel et des pratiques décriées, l’UDB a pris le risque de se voir affublée de l’étiquette de « PDG bis », sapant sa crédibilité en tant que véritable alternative.

Ces nouveaux membres sont, pour la majorité, des figures de proue de l’ancien système, ayant occupé des postes clés et contribué à la situation chaotique que traverse le pays. Leur migration n’est vue par beaucoup que comme une tentative désespérée de virginité politique ou de recyclage face à la disgrâce de leur ancien parti. Pourtant, le peuple lassé et plus vigilant que jamais, semble loin d’être dupe de cet enfumage.

Le malaise est palpable. Alors que ces caciques tentent de se réinventer en figures vertueuses au sein du parti de Brice Clotaire Oligui Nguema, leur passé les rattrape. Nombre d’entre eux ont battu campagne en se présentant comme les seuls dignes représentants du nouveau Président, ignorant que leur ralliement est interprété non pas comme un engagement sincère pour le changement, mais comme une manœuvre opportuniste pour échapper aux conséquences de leur lourd héritage.

L’UDB, en ouvrant ses portes et en cautionnant des manœuvres contestées lors des récentes élections locales et législatives, reproduisant ainsi des méthodes vivement critiquées avant août 2023, a hypothéqué gravement son capital sympathie. Le constat d’amertume est déjà présent dans de nombreuses localités, de Libreville à Djolé, Lambaréné en passant par Fougamou, Mouila, Makokou, Oyem, Medouneu ou Franceville et bien d’autres, ces anciens dignitaires sont largement vomis par les populations.

Les Gabonais, ayant longtemps souffert des politiques erronées et des pratiques douteuses de l’ancien pouvoir, voient dans cette composition actuelle une tromperie difficile à dissimuler. L’interrogation n’est pas de savoir si ce rejet est manifeste, mais quand il atteindra son paroxysme. Certains estiment que la supercherie va être démasquée avant même cinq ans, lorsque les promesses se heurteront à l’incapacité de ces nouveaux membres à rompre avec les méthodes du passé.

La crédibilité du parti, sa capacité à incarner une véritable alternative crédible, s’effrite de jour en jour tant qu’il ne démontrera pas que ces anciens membres sont prêts à s’engager sincèrement pour l’intérêt général. En l’état, il est contraint de subir les foudres de cette intégration de ce que d’aucuns considèrent comme des délinquants politiques.

Pour regagner la confiance du peuple, l’UDB et ses nouveaux militants devront produire des actes concrets et des solutions à la hauteur des problèmes quotidiens, prouvant enfin qu’ils sont devenus des bâtisseurs et non des continuateurs. Sinon, l’impopularité sera la seule et inéluctable conséquence de cette stratégie à haut risque.

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