ÉCONOMIE

Transformation locale du manganèse : la réalité des faits face aux idées reçues

À la suite du récent reportage diffusé sur les antennes de Gabon 1ère, il apparaît essentiel de rétablir la vérité historique concernant l’implication d’Eramet-Comilog dans l’industrialisation minière du pays. Contrairement aux analyses laissant entendre une prise de conscience tardive, l’engagement pour la transformation locale du manganèse est une réalité palpable depuis plus de vingt-cinq ans. Cette stratégie, portée par des investissements massifs et une montée en compétences constante de la main-d’œuvre nationale, constitue le socle de la souveraineté minière du Gabon.

Le premier jalon de cette épopée industrielle a été posé dès l’an 2000 avec la mise en service du Complexe Industriel de Moanda. À l’époque, cet investissement majeur de 80 millions d’euros a permis au Gabon de se doter de sa première unité d’enrichissement et de sintérisation, portant la teneur du minerai à 56 %. Ce complexe a instauré une logique de valorisation intégrale en utilisant notamment les fines de manganèse, autrefois considérées comme inexploitables, prouvant ainsi que la volonté de créer de la valeur ajoutée sur place n’est pas un concept nouveau.

Cette dynamique s’est accélérée en 2015 avec l’inauguration du Complexe Métallurgique de Moanda, qui demeure à ce jour la seule unité de transformation de ce type en Afrique subsaharienne. En dix ans d’activité, ce sont plus de 160 milliards de FCFA injectés pour construire l’usine. Au-delà des chiffres, cette infrastructure est un véritable moteur social puisqu’elle emploie aujourd’hui 266 salariés, dont 99,6 % sont de nationalité gabonaise, avec une forte représentation des fils et filles de la ville de Mounana.

L’ambition de l’État de mettre fin à l’exportation du minerai brut à l’horizon 2029 trouve en Comilog un partenaire déjà prêt pour le défi. L’entreprise a d’ores et déjà anticipé cette transition en lançant en 2024 les laveries modulaires d’Okouma, augmentant significativement les capacités de traitement.

Parallèlement, le groupe se projette vers une métallurgie bas carbone en expérimentant le remplacement du coke par des réducteurs naturels locaux dans ses fours de nouvelle génération. Ces innovations permettent déjà d’afficher une empreinte carbone exemplaire, bien en dessous des moyennes mondiales du secteur.

En somme, Eramet-Comilog n’a pas attendu les récentes orientations politiques pour ancrer la transformation minière dans le territoire gabonais. À travers le développement du CIM, du CMM et des modernisations technologiques successives, l’entreprise démontre qu’elle est, depuis longtemps, le pilier opérationnel de la vision industrielle du Gabon. Le passage à l’étape supérieure ne sera pas un saut dans l’inconnu, mais l’aboutissement logique d’un quart de siècle de préparation et d’excellence industrielle.

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