Tensions sociales : Menace de sanction électorale contre les « Bâtisseurs »
Un climat social tendu règne au Gabon depuis plusieurs semaines, marqué par la méfiance et l’incertitude. Des démolitions d’habitations, menées à Libreville et ses environs, voir même dans d’autres Communes à l’intérieur du pays en l’occurrence à Port-Gentil sous prétexte de réaménagement urbain, sont en très grande partie à l’origine. Bien que nécessaire, ces opérations sont perçues comme abusives et irrespectueuses des droits humains.
De nombreux habitants des zones impactées affirment n’avoir reçu aucune indemnisation et se retrouvent sans solution de relogement, malgré les promesses faites à cet égard. Cette situation engendre un mécontentement croissant, ces derniers considérant avoir été expulsés de manière autoritaire.
Bien que cette rancœur soit encore relativement modérée, elle soulève une question fondamentale : le président est-il en train de perdre définitivement la confiance des 94 % de Gabonais l’ayant accueilli avec espoir après le coup de libération du 30 août 2023 puis porter au pouvoir en avril dernier ?
Plusieurs facteurs semblent expliquer cette dégradation d’estime. Certains se sentent trahis par des décisions jugées injustes et expriment leur déception face à ce qu’ils considèrent comme un manque de considération envers le peuple souverain.
Ce sentiment de désillusion se manifeste de différentes manières. Une partie de la population affiche tête baissée, son soutien à Brice Clotaire Oligui Nguema tout en émettant des réserves. D’un autre côté, certains choisissent une stratégie plus subtile : rejoindre le nouveau parti en cours de création « Les Bâtisseurs », non par conviction, mais dans le but d’obtenir des avantages (financiers, nominations, etc.) et de mieux saboter, de l’intérieur, les candidats perçus comme des imposteurs ou manipulateurs. Cette approche opportuniste témoigne d’une profonde méfiance.
Si le président bénéficie encore d’une certaine légitimité, le risque d’un rejet grandit. Son avenir politique dépendra de sa capacité à répondre aux besoins de ces concitoyens en détresse et laissés pour compte.
Il ne fait aucun doute que les familles expulsées manu militari et sans indemnisation constitueront un obstacle majeur à son avenir politique, rendant probable une forte sanction lors des élections prévues dans les tous prochains mois au bonheur d’acteurs politiques profito-situationnistes.
Par Ange Michel Akendengue




