Bras de fer judiciaire : Sylvia Bongo qualifie de « mise en scène grotesque » l’interpellation de ses proches
Une scène sombre, tendue. Au loin, les échos d'un témoignage pouvant faire basculer l'échiquier. À Paris, les Bongo, silhouette brisée par l'exil, avaient osé défier le nouveau pouvoir. Ali, l'ombre de son règne, Sylvia, l'impératrice déchue, Noureddin, le fils pris dans la tourmente. Ils parlaient de séquestration, de tortures. L'arène judiciaire, leur dernière planche de salut.
Mardi 8 Juillet 2025, l’impensable. Le coup de tonnerre qui déchire le silence feutré de la famille. Une descente. Une « opération antidrogue« , lancée par des hommes en uniforme, le regard froid, la main ferme. Un coup de filet. Le beau-frère, le neveu, sa compagne. Les pions essentiels d’un jeu trouble, arrachés de leur quotidien.
« Enlèvement« , hurla Sylvia, l’exilée, son cœur frappé d’horreur sur les réseaux sociaux. Un cri dans la nuit, une tentative désespérée de percer le mur de l’omerta. Kidnapping. Le mot choque, résonne comme un coup de semonce. L’épouse du neveu, disparue.
Des « preuves » sont exhibées : « une quantité importante de drogue« , des « armes illégales », des « munitions », des « pointes d’ivoire ». Une mise en scène macabre, l’épouvantail brandi pour justifier l’injustifiable, pour anéantir les derniers vestiges du pouvoir brisé.
Les Bongo répliquent, la voix tremblante d’indignation. Chantage ? Manœuvre insidieuse, visant à les réduire au silence ? Monnaie d’échange impitoyable ? Les questions fusent. La peur monte, sournoise, palpable, comme un souffle glacé dans les couloirs du pouvoir. « Mise en scène grotesque », lâche Sylvia, le regard perçant, consciente que la partie est loin d’être terminée.
À Libreville, l’étau se resserre. Me Eyue-Bekale, l’avocate, barricadée dans son bureau, ressent la pression, le danger. Minuit, la nuit s’épaissit. Des silhouettes sombres, les gendarmes, cerclent l’immeuble, les yeux perçants, l’arme à portée de main. Le présage d’une traque imminente.
L’exil est désormais une fuite en avant. La haute trahison, le détournement de fonds, la corruption, les charges qui pèsent lourd sur les Bongo. Vingt mois de captivité pour Sylvia et Noureddin, le patriarche, lui, isolé, les yeux fixés sur l’horizon. L’Angola, la terre promise ? Non, seulement une escale dans cette guerre sans merci.
Le rideau se referme, les enjeux sont colossaux, les ombres s’allongent. Qui tire les ficelles ? Et jusqu’où ira cette danse macabre ? Le silence est rompu. La vérité, cachée dans les recoins obscurs du pouvoir, attend son heure.
Par S.E MISSEVOU




